J. CHASLES-PAVIE
J. Chasles-Pavie est de ceux-là : Comme Poète, nous ne connaissions guère jusqu'ici que par une plaquette — Stances d'Hier — parue en 1897 avec une lettre préface de G. Rodenbach... vers de jeunesse, élégants,
«t dont la forme « date » un peu ; Henri de Régnier, à leur apparition, écrivait dans le « Mercure de France » : M. Chasles-Pavie écrit délicatement et finement. Les Stances d'Hier sont un agréable livre. L'influence de Théophile Gautier et de SuUy-Prudhomme s'y fait sentir discrètement. De l'un il tient le goût de la précision verbale, de l'autre le sens des nuances sentimentales. »
Né à Angers, le 6 octobre 1863, d'une lignée justement célèbre — il est par sa Mère petit-fils de Victor Pavie, et petit neveu de Théodore Pavie — Joseph Chasles-Pavie doit à cette ascendance des qualités que l'influence d'une Mère parfaite ne fit que perfectionner. Venu à Paris après ses études de droit, il a depuis « mené sans interruption, dit il lui-même, cette vie d'étudiant perpétuel qui réalise pour certains le parfait bonheur ». — Ce qui ne veut pas dire qu'il n'ait travaillé et beaucoup, et produit de même, dans le silence le plus souvent, car combien de ces collaborations furent anonymes ! De celles que nous avons pu relever, on trouvera mention à la partie bibliographique ; elles embrassent les genres les plus divers : critiques d'art, notes de voyage, nouvelles, notes littéraires, etc.
Mais voici maintenant que, vingt-cinq ans après la parution de son premier et jusqu'ici unique recueil de vers, le Poète se réveille en J. Chasles- Pavie, et qu'il nous annonce, en même temps qu'un prochain volume de nouvelles, un nouveau livre de poèmes qui, nous dit-il, « paraîtra sous le titre de Douceur Angevine^ pour le sens d'humanisme que comporte ce souvenir du Poète angevin, Ou Bellay. » Il est en effet un fervent de Du Bellay ; il affirme son « affection idolâtre pour le sol natal » , à laquelle il mêle un amour passionné du grec et surtout d'Homère ; mais il unit aussi à ce goût classique une grande admiration pour les poètes « lakistes » ; et de ces influences diverses on peut trouver la trace dans ce sonnet que je cite — avec le regret de ne pouvoir consacrer à J. Chasles-Pavie et à son œuvre une plus longue étude :