SUPPLÉMENT POUR QUELQUES-UNS
Charles d'OLLONE
Un Poète ami m'écrit que le Comte Charles d'Ollone, Lorrain d'origine, « devint Angevin par son mariage »... c'est proprement contredire aux lois de l'usage et du Gode, qui eussent plutôt fait de Madame d'Ollone une Lorraine. . Mais depuis le Roi René, Anjou et Lorraine sont soeurs et le Comte Charles d'Ollone s'était chez nous acquis droit de cité par la participation qu'il prit, cinq ans durant, à la vie artistique angevine. Cependant en ce livre uniquement consacré à nos Poètes il me faut bien constater que, dans les quatre volumes devers de Ch. d'Ollone, j'ai vainement cherché une note qui fût spécialement angevine ; à vrai dire il a dépeint notre Vallée, dans un de ses romans — La Victoire Ailée — avec une justesse de touche et une sympathie qui nous font regretter encore plus cette lacune dans son œuvre poétique. Mais le Commandant Ch. d'Ollone est mort en Soldat pour la Patrie, autant la Patrie Angevine que la Patrie Lorraine, et je manquerais à un pieux devoir en ne saluant pas ici la mémoire du beau cavalier parti en 1914 à la tête de ses dragons angevins, et qui dort maintenant son dernier sommeil sous la terre angevine.
Né à Besançon le 25 janvier 1865, mais de famille lorraine, Charles- Marie-Céleste-Alexandre, Comte d'Ollone, entré à St-Cyr en 1885, fut d'abord un brillant officier de cavalerie. Marié en 1894 à Mademoiselle Anne de Terves, il revient en 1905 s'installer définitivement à Angers, ayant donné sa démission, et se donne tout entier aux Lettres et aux Arts. En 1909, il prend la direction des Concerts Populaires, et s'en occupe jusqu'à la mobilisation Dès les premiers jours d'Août il part comme Capitaine au 25* Dragons, avec lequel il fait campagne jusqu'en septembre 1915 ; nommé Chef d'Escadrons à cette époque, il passe dans divers Etats-Majors, pour finir, en janvier 1918, à celui de la Mission Française en Italie ; atteint depuis plus d'un an déjà d'un implacable mal contracté dans les tranchées, il lutte jusqu'au bout de ses forces, malgré d'atroces souffrances et la certitude de son destin fatal, et ne consent à rentrer en Anjou que pour y mourir, le 15 juillet 1918.
Mmes Aida et Yvonne de Romain, le Colonel de Castries, Olivier de Rougé, Léon Philouze, Charles de Navacelle, André Beaunier, ont rendu
ii8 POÈTES ANGEVINS D'AUJOURD'HUI
hommage à la mémoire de ce Français d'un si noble caractère. J'y joins le mien et Je détache du recueil posthume des Dernières Heures Chantantei ces vers écrits par Charles d OUone au cours de la Guerre :