PIERRE BIZOT
Il ne reste plus que deux noms à mentionner, avant d'arriver à Jean de Lingendes, ce sont ceux de Pierre Bizot qui va maintenant nous occuper et de Marie Brame, née aussi en Bourbonnais, femme alors célèbre etaujourd'huitout à fait inconnue, puisqu'on ne possède ni documents sur sa vie, ni productions qui puissent lui être attribuées. Faut-il souhaiter, pour sa réputation, qu'un hasard heureux fasse découvrir ses vers ; nous ne savons, car la réalité seule pourrait nous édifier à ce sujet.
Nous ne connaissons que bien peu de choses sur le chanoine de Saint-Sauveur d'Hérisson, Pierre Bizot,
qui naquit vers 1630 (i) et mourut, chanoine d'honneur de Moulins (S), après 1726, si l'on en croit M. de Goiffier et en 1696 seulement d'après le nouveau dictionnaire historique de Ghaudon et Delandine.
Une traduction en vers latins des chants I et V du Lutrin de Boileau, voilà tout le bagage poétique de Bizot. Gette traduction a été insérée, rapporte la biographie Didot, dans une nouvelle traduction latine du Lutrin, parue en 1768, in-8®.
Le chanoine d'Hérisson n'a donc cultivé les muses que comme délassement, si l'on en juge par ce qu'il nous a laissé. Son ouvrage le plus important, sans contredit, est en prose et a pour titre : Histoire métallique de la Républiqm de Hollande que Moreri et d'autres biographes traitent de c curieuse et d'intéressante. » Elle a été imprimée à Paris, en 1687 in-f>, chez Hortemels et réimprimée à Amsterdam par les soins de P. Mortier. Les deux premiers volumes de cette nouvelle édition ont paru en 1688 et le troisième en 1690. Baucoup plus complète, l'Histoire métallique des dixsept Provinces-Unies de Gérard Van Léon (1732), dont Van Effen a donné une traduction française, est venue enlever de l'importance et de la valeur à celle de Pierre Bizot qui serait encore, d'après Moreri, l'auteur de mémoires touchant l'histoire des rois de France par les médailles et que Baluze aurait possédés en manuscrits.
(I) Ancien Bourbonnais.
{î) Le chapitre de Notre-Dame de Moulins date du XIV« siècle, son installation ayant été faite, le 6 décembre 1386, par Tévéque de Nevers, Maurice, sous le pontificat de Clément VII, et à la demande du bon duc Louis il.
Avant de terminer cette courte notice, il faut que nous rapportions un fait assez bizarre reproché à notre historien poète et numismate et que la biographie Michaud relate ainsi : « Les deux pointes d'un bandeau que des personnes avaient sur les yeux lui ont paru des oreilles d'âne, et il ne manque pas de les faire graver comme telles. » Singulière bévue en effet et qui montre, une fois de plus, combien l'historien et l'antiquaire doivent être prudents, non-seulement dans l'indication des faits par eux avancés, mais encore dans les conclusions qu'ils en tirent. Hâtons-nous toutefois d'affirmer que ce fait isolé n'infirme en rien l'autorité dont, pendant assez longtemps , a joui son histoire métallique.