HENRI AUBERY
Les deux dates données, par les ouvrages sur le Bourbonnais de MM. de Goiffier Demoret et Achille Allier, relativement à la naissance d' Aubery, ne sont pas exactes, si Ton s'en rapporte au dictionnaire de Moreri qui indique que ce ne fut qu'à l'âge de trente ans et en 1601 que ce membre de la noblesse entra, à Toulouse, dans l'ordre des Jésuites. Cette indication ferait, en effet, remonter la naissance de cet enfant de Bourbon-l'Archambault, à Tannée 1571 et non aux années 1669 ou 1589.
Doué d'une belle intelligence et d'un vaste savoir, Jean Henri Aubery enseigna, avec beaucoup de réputation, les belles-lettres, dans plusieurs villes où son ordre l'envoya successivement, pendant une période d'une vingtaine d'années. Malgré ses nombreuses
6onnat8, à savoir que Claude Billard serait mon, en 1618, gouverneur du château de Moulins.
occupations^ comme professeur^ notre compatriote, ami de Tétude et du travail, trouvait encore le moyen de composer une assez grande quantité d'ouvrages poétiques, pièces ou morceaux de circonstance que le dictionnaire refondu de Moreri a enregistrés (1),
(1) Voici la liste des ouvrages de J. H. Aubery telle qu'où la trouve dans Moreri.
i^ Elegiarum biga: à Toulouse, 1616, in-8<>. —La première de ces élégies est sur la mort de Henri IV, la deuxième traite de la captivité des Juifs.
^ Missas pœticus, sive varia carmina, elegiae, pœmata epica, lyrica: à Toulouse, 1617, in-4o.
3<^ Cyrus, tragœdia carminé heroïco : accessit psalmi 127 paraphrasis elegiaca : à Toulouse, 1619, in-4<^.
4° Vota pro salute régis : à Toulouse, 1620, in-4°.
^ Votum pro rege christianissimo Ludovico XIII : à Toulouse, 1621, in-4«.
6° Thomœ Bonsii Biterrarum antislitis profectio : à Beziers, 1625 iD-4°.
7° Henrici Borbonii primi Francise principis in Galliam Narbonensem et Aquitaniam iter ; à Paris, 1629, in-4^. — (La bibliothèque publique de la ville de Moulins possède cet ouvrage soti's le n^ 1719 de son catalogue.)
S^ Henrici Borbonii principis e Gallià Narbonensi in Cellicam reditus : à Paris, in-4o.
9^ Theogonia seu de diis gentium hendecasyllabon libri duo : à Toulouse, 1637, in-S^.
10^ Leucata triumphans : Carmen in Leucatam obsidione libératam : à Toulouse, 1638, in -4°, et dans le Parnassus societatis Jesu , class. 1, partie 2, p. 410, à Francfort, 1654.
1P Delphini genethliacon ; à Toulouse, 1638, in-8^ et à Paris, 1639, in.4^
12<> Thomœum, sive sancti Thomse Aquinatis gloriosum scpulcrumTolosae: à Toulouse, 1651, in-4<^, et dans le Parnasse cité, partie 2, p. 538.
d'après des mémoires manuscrits laissés par le P. Dudin qui est surtout connu par ses travaux pour la bibliothèque latine des écrivains de la Société de Jésus.
Ces différentes productions ont été imprimées les unes à Toulouse, une seule à Béziers, d'autres à Paris, à Auch, voir même une à Francfort.
L'Ancien Bourbonnais caractérise ainsi ce genre de poésie : t En général cette poésie sent beaucoup plus le rhéteur que l'homme inspiré, elle abonde en métaphores et en comparaisons empruntées à la mythologie païenne. C'était le goût du temps, aussi notre poète jouissait-il d'une grande réputation en province, » comme le prouve suffisamment le morceau placé en tète de l'un de ses ouvrages :
Illustre habitant du Parnasse . . .
Tes œuvres qui donnent la vie Et remplissent le souvenir Pour tous les siècles à venir, Vont au delà du temps et des lois de Tenvie :
15<> Virgo Burgueriana, sive divagratiae conciliatrix: à Toulouse, 1641, in-40, ei dans le Parnasse cité, partie 2, p. 547.
140 Ob expugnatum Curtracum a duce Aurelianensi , e gallico Guillelmii colletteti tetradecasiicon : à Paris, 1646, in-4».
15» Diva virgo Guarazonia : à Auch, 1650, ïn-i^
16» Diva virgo Rocavillaea : 17« Diva virgo Beretana : 18* Auguslae Auscorum carmen : à Auch. — (Nous pouvons ajouter . d'après V Ancien Bourlxmnais, que, dans ce dernier poëme latin, Aubery loue surtout la ville d'Auch, d'avoir la première cultivé la poire de Bon-C hrétien importée en Gaule par Pompée et pour laquelle, dit notre poète, les dieux de l'Olympe auraient abandonné le nectar et l'ambroisie, si ce fruit avait alors été connu.)
Elles ne peuvent point périr,
Puisque pour se faire cbérir
Leurs beautés n'ont point de pareilles.
Les Cieux en sont ravis en voyant tant d'appas,
Les mettent au rang des merveilles Qui ne souffrent jamais les rigueurs du trépas
Aubery (1) mourut, à Auch, à Tâge de quatrevingts ou quatre-vingt-un ans. Moreri, de CoifBer et l'Ancien Bourbonnais s'accordent, cette fois, pour assigner à cette mort la même date, celle de 1652 (2).