CITANT ROYAL CHRESTIEN
Qui aime Dieu, son règne, et son empire.
Rien désirer ne doit, qu'à son honneur :
Et toutesfois l'homme tousjours aspire A son bien propre, a son aise et bonheuri
346 POETES GHÏ^lftDftNS DU XVl" SIÈCLB
Sans ad viser, «i poinl conlemnc ou blesse En ses désirs la Divine noblesse.
La plus grand' part apele grand avoir :
La moitidre part souhaille grand sravoir.
L'autre désire eslre exemple de bîasmc.
Et l'autre qitierl (voulant hiieux se poiirvblr) Santé au corps, et Patndis à l'atne.
Ces deux soiihAîli contraires on peûl dirte Gomme la blanche, et la noire couleur, Car Jesus-CliHst ne promet pas son dirfe Ça bas aux siens. qu*ennuy, peine, tel doulettr. Et d'autre part (respondez-moi) qui eil-ce^ Qui sans mourir aux cieux aura lieSSe ?
Nul )[)our certain. Or faul-îl concevoir.
Que mort ne peDl si bien nolis deccvolt*, Que de douleur ne itettlions quelque dragWte, Par ainsi semblie impossible d'Avoir Santé au corps, et Paradis à l'ame.
Douce santé mainte amertume attire,
Et peine au corps est à l'ame douceur.
Les bien heurez, qui ont souffert martire,
De ce nous font tesmoignage tout seur.
El si l'homme est quelque temps sans détresse
Sa propre chair sera de lui maitresse,
Et deslruira son ame (à dire voir)
Si quelque ennuy ne vient ramentevoir
Le povre humain d'invoquer Dieu, qui l'ame,
En lui disant, Homme, penses-tu voir,
Santé au corps, et Paradis à l'ame ?
donques. Homme, en qui santé empire,
Croy que ton mal d'un plus grand est vainqueur.
Si tu sentois de tous leà maux le pire,
Tu senlirois enfer dedans ton clîeur.
Mais Dieu tout bon sentir sans plus te laisse
Ted petis matix, sachant que b tbiblesse
GLJMfeNT UAROt 34T
Ne pourroit pas Ion grand mal percevoir, Et que aussi tost, de rappercevoif.
Tu perirois comme paille en la flamme, Sans nul espoir de jamais recevoir Santé au corps, et Paradis à Tame.
Certes plus tost un bon père désire Son fils blessé, que meurdrier où jiireur, Mesmes de verge il le blesse, et dessire, Affln qu'il n'entre en si lourde fureur :
Aussi quand Dieu, père céleste oppresse Ses chers enfans, sa grand' bonté expresse Faict lors sur eux eau de grâce pleuvoir, Car par tel' peine à leur bien veut prévoir A ce qu'enfer enfin ne les enflame, Leur réservant, outre Thumain devoir, Santé au corps, et Paradis à l'ame.
E?IVOY
Prince Royal, quand Dieu par son pouvoir Fera les cieux, et la terre mouvoir.
Et que les corps sortiront de la lame, Nous aurons lors ce bien, c'est assavoir.
Santé au corps, et Paradis à l'ame.
CHANT DE MAY i526.
En ce beau mois délicieux.
Arbres, fleurs, et agriculture,
348 POfeTBS CHRfriBNS DU XTl* SÛSCUL
Qui durant Phyver soucieux,
Avez esté en sépulture.
Sortez, pour servir de paslure
Aux troupeaux de plus grand pasteur :
Cbascun de vous en sa nature
Louez le nom du Créateur.
Les servans d*amour furieux Parlent de Tamour vaine, et dare, Où vous vrais amans curieux Parlez de Tamour sans laydure :
Allez aux champs sur ]a verdure Ouyr l'oyseau parfaict chanteur :
Mais du plaisir, si peu qu*il dure, Louez le nom du Créateur.
Quand vous verrez rire les cieux, Et la terre en sa fioriture.
Quand vous verrez devant vos yeux.
Les eaux luy bailler nourriture, Sur peine de grand' forfaicture, Et d'estre larron et menteur N'en louez nulle créature.
KNVOY
Prince, pensez, veu la facture, Combien puissant est le facteur :
Et vous aussi, mon escripture.
Louez le nom du Créateur.
CLBIIBNT IIAROT 349
PSAUME V Verba mea auribus percipe.