DU BARTAS 3S
sont êMté UaparlaUs (pie t'Us fosseni demeuré inachevés.
Ce B*e8t point qu'Us ne contiennent de grandes idées, de la verve, de riches images et ne reflètent une puissante imagination, mais ils paraissenl avoir été réalisés h une époque de l>arbarie. Du 3arta9 est un créateur, mais un créateur souvent malheureux qui paraii ignorer et sa langue et la valeur de ses trouvailles.
Gela ne rempèoha pas de «omialtre le suocte el même la gloire puisque, selon la Croix du Maine, en moins de six ans la SemeUiv! lut Impiimée pins de trente lois.
B ne poBiaa pas loin la eenscience littéraire, ou bien se satisfit de pan, car de toutes les éditions que nous avons vues de son ouvrage, il n*mi est poiai une qui offre des vaiiantas du texte original.
On le traduisit en latin, en italien, an anglais, en espagnol et en allemand.
Sa Semaine, que Ton a tant vantée, a pour sujet la Création du Monde. Les jours que dura la Création forment la division du poème. L'auteur ne nous fait grAce d'aucun détail, et il n'y a pas jusqu'au septième jour, o'est-à-dire celui qui marque le repos du Créateur, qui no lui ait fourni un long chant.
La manière de du Bartas, en écrivant l'histoire — a-ton dit — est de parler successivement de chaque chose créée et d'en décrire en détail la nature, les causes et les effets... Or, comme Dieu en créant l'Univers a créé, soit en germe, soit dans son intégrité, tout ce qui s'est fait ou se fera, il s'ensuit que l'auteur a rimé une petite encyclopédie. Il a mis en vers jusqu'aux Mathématiques et discuté longuement des fins de la Théologie.
On lui pardonnerait sans doute sa prolixité s'il se fût borné par la suite. Mais c'est tout le contraire qui est arrivé, et sa Seconde Semaine est bien le plus interminable et le plus indigeste de tous les ouvrages en vers qu'on ait écrits. Il est incroyable tout ce qui se passe dans cette nouvelle semaine. Elle renferme h peu de choses près toute l'histoire de l'ancien Testament.
Les autres poèmes sont VUranie ou la Muse céleste^ la traduction du poème de Jacques VI, roi d'Ecosse sur la bataille de Lépanthe, une Judith en six chants et diverses pièces de circonstance.
Toutes ces productions ne valent pas, & proprement
360 POÈTBS GBRiriBNS DU XVl*^ SlÈCLI
pailer.nn Hymne de la Paix et neuf Ronnets complétant son bagage, oti se peuvent lire quelques beaux vers sur les montagnes de son pays.
On a dit que du Bartas mourut de blessures mal pansées : ne serait-ce pas plutôt de la fatigue provoquée par son rude labeur de poète ?
Aussi bien Ta-t-on considéré tout à la fois comme le Titan littéraire de la Réforme et rancctre du Romantisme. Ce sont là des qualités que personne ne lui disputera.
On peut dire qu'il poussa aux dernières limites de Tennui le génie qu'il avait pour les grandes compositions.
Il ne saurait convaincre son lecteur sans, auparavant, le lasser, et lorsqu'il croit imiter la foudre il ne fait que se montrer bruyant sans parvenir h nous donner Tillusion de la puissance céleste.