‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 23 sur 123 · GILLES D'AURIGNY · texte numérisé non relu

GILLES D'AURIGNY

Gilles d'Aurigny, dit le Pamphile — d'un surnom qu'il se donna — était natif de Beauvais. On ne sait rien de sa vie, sinon qu'il était licencié es droits et avocat au Parlement de Paris. Il llorissait vers Tan 1550, et, si Ton en croit le texte de son épitaplie, composée par son ami, et Tun de ses éditeurs posthumes, .Claude Collet, il fut enlevé à la fleur de Tâge.

D'Aurigny joignait à la pratique du droit et à Tétude de la théologie, Texercice des belles-lettres. Ses ouvrages poétiques se ressentent de cette triple préoccupation. Au demeurant, sa poésie vaut par des dons d'originalité et de technique, plutôt que par des qualités de gr&ce et de lyrisme.

Il célébra l'amour en termes mesurés, ce qui ne l'empêcha pas d'être vaincu par la passion. Dans son bagage il n'y aurait sans doute aucune place pour un autre sentiment, si le regret d'heures vainement dissipées ne l'eut amené h se repentir et h rechercher un plus noble emploi de son temps. Cette double inquiétude qu'ont égedement les amants satisfaits et déçus, présida aux choix de ses poésies. Celles-ei forment un recueil assez copieux qui, sous ce titre : Le Tuteur cra7nouf\ parut pour la première fois sans date, ni indication de lieu (1). L'ouvrage

(1) Le Tuteur d'amour auquel est comprise la Fortune de VInnocent en Amour. Ensemble un livre où sont Epistres, Elégies^ Complaintes^ Epitaphes, chants royaux. Ballades, rondeaux et epigrammes^ in-16. Le même. Lyon. Jean de Tournes, 1547, in-8o,et Paris, veuve GaiU. le Bret, 1553, in-16.

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dtit avoir quelque succès, puisqu'il fut réimprimé avec des augmentations par les soins de l'auteur d'abord en 1547, et ensuite par ses héritiers en 1553. Le profane, dans ce livre, se môle aux pages édifiantes, de môme que l'agréable s'y confond avec l'amer et le médiocre. L'ouvrage, bien qu'imparfait et inégal, n'est point sans mérite et sa rareté, au sens bibliographique du mot, n'est pas seulement ce qui le distingue des autres productions du temps. Les extraits que nous donnons plus loin en fourniront la preuve.

On doit encore à Gilles d'Aurigny, La Peinture de Cupidon (1) par VInnocent esgaré, un poème intitulé : Contemplation sur la mort de Jesus-Christ (2j et Trente psaulmes de David qui ont droit de cité ici, mais que nous ne goûtons pas h l'égal de son Tuteur d*Amour(2),

(1) A Poitiers, chez les Mamefs, 1545« in-8.

(2) /d., 1547, in-So.

(3) /cf., 1549, in-12.

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