NICOLAS DENISOT
Nicolas Deniflot était da Mans. 11 avait vu le }oar en 1515, et sortait d'ane ancienne et illustre famille du Perche. Il se faisait appeler sur l'anagramme de son nom, le Conte d^Ahinois (on écrivait alors Conte et non Comu). La Croix du Maine rapporte que François !«' dit un jour à cette occasion, que ce Ck>Dté d*Alsinois n'était pas d'un grand revenu, puisquHl n'était que de six nais (1). Triste et méchante équivoque qui ne mérite guère d*ètre goûtée, bien qu'elle émanât d'un esprit royal.
Nicolas Denisot acquit une grande réputation. Il la tînt, selon nous, de son talent de peintre et de dessinateur, plutôt que de ses dons de poète. Il sut d'ailleurs, grâce h ses hautes relations, se ménager l'indulgence de la postérité. 8on nom est familier & quiconque s'intéi*esse h la Pléiade. Ronsard le tenait en particulière estime et Remy Belleau lui a prodigué des éloges immérités. U fut de la fôte païenne célébrée h Auteuil en l'honneur de Jodelle, mais les historiens ont oublié de nous faire savoir s'il se repentit jamais de cette débauche qui provoqua, ainsi qu'on le sait, les railleries des protestants.
On ne peut réellement juger de son mérite par les treize Cantiques du premier advenement de Jesus-Christ qu'il publia en 1553 (2), et pour lesquels il composa vraisemblablement la musique, ni par ses autres productions citées par La Croix du Maine, mais on se fait une idée
(1) Bibliotfiégue Françoise, t. XIII, p. 4.
(2) Cantiques du premier advenement de Jesu-Christ, par le Conte d'AUinois, A Parist chez la veuve Bfanrice de la Porte, 1553, In-S».
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de sa notoriété en apprenant qu'il traduisit la plus grande partie des distiques latins que les trois sœurs Seymour composèrent en l'honneur de Marguerite de Navarre. Cette traduction fut imprimée avec celles que Joachim Bellay, Antoine de Baïf , Pelletier du Mans donnèrent sur le même sujet. .
On dit encore qu*U était l'auteur de vers mesurés insérés dans VArt poétique de Thomas Sibilet.
Nicolas Denisot mourut h Paris Tan 1559, âgé de quarante-quatre ans.
On ne saurait sans doute rien de son labeur d'artiste, si le bibliothécaire déjà nommé ne donnait h entendre qu'il grava à l'eau-forte une carte de la région du Maine qui paHit eu 1539 (1).
(1) L « *îhventeur i de cette carte se nommait Macé, et le dessinateur Jacques Audrouct dii Cerceau.