‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 45 sur 123 · PIERRE DE RONSARD · texte numérisé non relu

PIERRE DE RONSARD

On a dit que la surdité précoce de Ronsard décida de son avenir littéraire. On eût pu aussi bien déclarer que la cause de cette Infirmité détermina sa foi religieuse.

Ceci vaut une explication.

Pierre de Ronsard est né le 11 septembre i524, au château de la Possonnière, dans le bas pays Vendômois. Après un court séjour au collège de Navarre, il est entré au service des princes. Il a pérégriné deux années durant on Ecosse et a failli périr dans un naufrage.

Mis « hors de page » par son maitre, le duc Charles d'Orléans, il vient d'accompagner à rassemblée de Haguenau, Lazare de Balf. On l'a dit, une brillaute carrière s'ouvre devant lui. 11 est initié aux secrets d'Etat. Sa famille le destine aux emplois diplomatiques. Soudain, ruinant les espérances des siens, il se révèle poète. La maladie seule a bouleversé son destin, en l'obligeant « à transférer l'office des oreilles à celui des yeux, par la lecture des bons livres ».

Dorénavant, il donnera h la méditation et à renlreticu des muses le temps que lui prenaient les soins de la Cour. Non qu'il dédaignât ce pouvoir des grands dont il tirera plus de profit que de son propre génie ; mais il a souffert dans sa chair et s'est replié sur lui-môme. Il ne se fait point illusion sur sa débilité, bien qu'il soit plein d'espérance et qu'il fasse quelques débauches avec de gais compagnons.

Toute son activité, il la dépensera h écrire les beaux et nobles vers qui feront l'admiration de son temps et décideront pendant de longues années du sort de notre poésie française. Son rôle public s'arrêtera au seuil des

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