‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 49 sur 123 · HYMNE DE SALNCT ROCH · texte numérisé non relu

HYMNE DE SALNCT ROCH

Sus, serrons-nous les mains, sus marchons en dansanl,

Le lulb ne soit muet, le pied soit bondissant

A pas entrecoupez, et pousse dans la nue,

Guidé par le cornet, une poudre menue.

Que les enfants de chœur, que les cbanlres devant

Nous monstrent le chemin, nous les irons suivant

De l'esprit et des yeux, contrefaisant la dance

Qu'ils nous auront marquée aux loix de leur cadance.

Regardons-les partir en leurs blancs surpelis,

Au chef environné do roses et de lis,

Tondus jusques au front ; mais voyons, je vous prie,

Les frères enrôlez en nostre confrairie.

Ayant tous l'estomac de guirlandes enceinct,

Laisser vuide boutique et venir voir le Sainct,

Afin de luy offrir leurs dévotes offrandes,

Pour impetrer de Dieu leurs vœux et leurs demandes.

Les vieillards de basions leurs jambes appuyez Sont exempts du chemin, et les corps ennuyez De longue maladie, et celles que Lucine, La mere des humains, accompagne en pesine.

Et celles au sang froid, dont le cheveu blanchi A plus de soixante ans de carrière franchi.

Celles qui par les mains d'un nopcier hymenée Ont versé sur le col leurs cheveux ceste année Ny les hommes dispos, ny les forts jouvenceaux Dont le san^ chaud et vif s'escoùle par ruisseaux Par les veines du corps, n'auront point de mérite S'ils ne font le chemin, car la traitle est petite, Soit que partions au soir quand le jour est couUé, Soit au matin à jeun, ains qu'avoir avallé

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De l'humide et du sec, on soit à 1» vesprée Quand le faucheur lassé retourne de la prée.

Mon Dieu, que de rochers pierreux et raboteux, D'anlres entrecoupez, donb les sommets^ venteux Cachent dessous leurs piede une vssle cafmpagne De sablon, qtïe la peur et Thorreur afccompâgne ! Qui guidera nos pa9 par car saihkm, espés ?

J'atise un grand lévrier, suivons son train de près. Redoublons Fe nMtrcher, je le vois comiwe il entre, C'est le chien du bon Sainct ; dedans le creux d'un antre J'en voy déjà la châsse, et des lampes autoar, Les gardes de ce Sainct qui bruslent nuict et jour ; Car l'huile est éternelle esprise dans la mèche Qui garde que ce feu sans humeur ne s« sèche. Qui eu prend une goule et parmy ses citez La verse, il chasse au loin toutes adversitez ; L^air se purge et devient bening et salutaire ; La ville est sans frayeur, le peuple volontaire S'esgaye par les champs, et de la peste franc, Sautelant par le corps sent rajeunir son sang.

Mais lisons ce tableau et voyons qu'il veut dire, La légende du Sainct dedans se pourra lire.

Lisez-le, secrelain, en ce-pendant que tons Suppliront le bon Sainct courbez sur les genous.

{Ed posthume, Î6i8.)

HYMiNE A SAhNT GERVAIS ET SALNT PROTAIS

La victorieuse couronne, Martyrs, qui vos fronts environne, N'est pas la couronne du pris Qu'Elide donne pour la course,

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Ou pour avoir près de la source D*Âlphée, esté les mieux appris.

Avoir un indonlé courage De Néron mesprisé la rage, Vous a rendus victorieux, Quand Tun eut la teste tranchée, Et Taulre Teschine hachée De gros fouets injurieux.

Ce beau jour qui vostre nom porte, Ghaqu'un me sera saint, de sorte Que le chef de fleurs relié Dansant autour de vos images, Je leur feray humbles hommages De ce chant à vous dédié.

Ce jour l'ouaille audacieuse

Court par la troupe gracieuse

Des loups, et sans berger n'a peur.

Ce jour, les villageois vous nomment,

Et oisifs par les prés vous chomment

Leurs bœufs affranchis du labeur.

Regardez du Ciel nos services, Et advocassez pour nos vices.

Regardez-nous (disent-ils) or, Douiez le péché qui nous presse, Et cet ans sauvez-nous d'oppressé Et les autres suivants encor.

Faites que des bleds Tapparence Ne démente noslre espérance.

Et du raisin, ja verdelet. Chassez la nue menassante.

Et la brebis, au champ paissante.

Emplissez d'aigneaux et de laict.

(Ed. de* Œuvre*, Î5G0 )

PIBRRI DB R0N8AHD 453

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