‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 55 sur 123 · LA LYRE CHRESTIENNE · texte numérisé non relu

LA LYRE CHRESTIENNE

Moy cesluy-là qui tant de fois Ay clianlé la Muse charnelle.

Mainlenanl je hausse ma voix Pour sonner la Muse elernelle.

De ceux-là qui n'ont part en elle, L'applaudissement je n'attens ; Jadis ma folie esloit telle, Mais toutes choses ont leur temps.

Si les vieux Grecs et lus Romains Des faux Dieux ont clianlé la gloire, Serons-nous plus qu'eux inhumains.

Taisant du vray Dieu la mémoire?

D'Helicon la fable notoire Ne nous enseigne à le vanter :

De l'onde vive il nous faut boire, Qui seule inspire à bien chanter.

Chasse toute divinité (Dict le Seigneur) devant la mienne :

Et nous chantons la vanité De l'idolâtrie ancienne.

Par toy, ô terre Egyptienne, Mère de tous ces petits Dieux, Les vers de la Lyre Chreslienne Nous semblent peu melodieu^^.

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