‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 57 sur 123 · REMY BELLEAU · texte numérisé non relu

REMY BELLEAU

Celui <|ue Ronsard surnomma le peintre de la nature, et ({ul le fut effectivement, non parce qui! célébra les pierres précieuses, mais parce que son œuvre est fiche d^images et de tabledux champêtres, tlemy Belie&u naquit & logent le-Rotrou au commencement de Tannée io2S. Très jeune, il fut attaché h René de Lorraine, marqhls d'Ëibeuf, général des Galères, et fit avec lui Texpédition de Xaples en 1557. Par la suite, ce seigneur le chargea de l'éducation de son fils, Charles de Lorraine qui devint duo d'Elbeuf et prit le titre do grand écuyer de France. Remy Belleau passa heureusement sa rie dans la maison de ses protecteurs et mourut & Paris, le 6 mars 1577, ayant à peine commencé sa cinquantième année. On raconte que ses amie portèrent son corps sur leurs épaules jusqu'à l'église des Grands-Augustins où il fut enterré.

On lisait autrefois dans le Ohobur de cette église son épitaphe ainsi composée par Ronsard :

Ne taillez, mains industrieuses, Des pierres pour couvrir Belleau, Lui-même a b&ti son tombeau Dedans ses pierres précieuses.

Aussi bien avait-il été non seulement le familier de Ronsard, mais l'un des plus purs ornements de la Pléiade.

Ses œuvres principales sont des Bergeries, des Odes françaises ou traduites du grec d'Anacréon, des pièces siir divers sujets sacrés et prufimes et une comédie intl-

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tulé« La Reconnue. Elles furent réunies après sa mort et publiées à Paris en 1578 (1).

On les réimprima maintes fois, et particulièrement en

MM. Gouverneur et Marty Laveaux en donnèrent» en 1S67 et en 1870, deux nouvelles éditions, Tune en trois et l'autre en deux volumes. C'était plus qu'il n*en fallait pour entretenir la mémoire de ce gentil rimeur.

Le style de Remy Belleau est d*un charmant éclat et d*une grÂce toujours égale. U ne connut ni la force, ni les violentes passions, mais il rechercha et peignit avec succès les sentiments délicats. Sa muse qui s'était longtemps complue dans la lasciveté anacréon tique, trouva un jour de nobles accents pour peindre les angoisses d*une âme en détresse ou interpréter de bienheureux cantiques de gr&ce. 11 B*éleva aussi haut que le lui permit son inspiration dans un Discours de la vanité et des Eglogues sacrées. Il ne garda plus alors de son ancienne manière que des qualités naïves de peintre mystique. Ses tableaux tirés du Cantique des Cantiques font songer parfois à l'art des primitifs; ils en ont le dessin, sinon la couleur.

(1) Cf. Les Œuvres poétiques de Remy Bulleau, etc. Paris, Mamert Pâtisson; 1578, 2 vol. in-12.

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