‹ Poètes chrétiens du XVIe siècle: textes choisisChapitre 58 sur 123 · D'UN BOUQUET ENVOYÉ LE MERCREDY DES GENDRES · texte numérisé non relu

D'UN BOUQUET ENVOYÉ LE MERCREDY DES GENDRES

Ce Bouquet de menu fleurage

Vous servira de tesmoignage

Que nos beaux jours coulent soudain,

Comme la fleur, et qu'il faut prendre

Le plaisir sans le suratlendre

Ny le remettre au lendemain.

Sans attendre que la vieillesse D'une froide et morne paresse Rende nos membres froids et gours, Passant en douceurs amoureuses Et mignardises gracieuses Ce qui resle de nos beaux jours.

Aussi bien ceste Parque ûere Pour nous coucher dedans la bière Desja nous attend sur le port, Mon Cœur, croyez-moy je vous prie.

Passons doucement nostre vie, On ne sent rien après la mort.

Rien n'y a d'apparence humaine, Il n'y a sang, ny poulx ny veine.

Cœur, poumon, ny foye, ny ners,

182 POÈTES GBRéTlISIfS DU XVl* SlJBCLV

Ce n*est rien qu'une ombre légère Sans sentiment et sans artère, Proye de la terre et des vers.

Vous sçavez ce que dit le Prestre, Quand plus devôt de sa mains destre De cendre il nous croise le front, Clairement nous faisant entendre Que nos corps sont venus de cendre El qu'en cendre ils retourneront.

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