BENEDÏC ANIMA MEA DOMINO, ETC
PSAUME cm
Esprit qui fais mouvoir mes nerfs et mes artères, Qui formes ma parole, et distingues ses sons. Qui consacres ma bouche, et l'ouvres aux mystères, Bénis le Souverain en tes saincles chansons.
nompareil Aulheur des choses nomparetlles, Dont le pouvoir s'égale avec la volonté !
Ton eslre et (es effecls sont tons pleins de merveilfes. Et mon style est par trop du suject surmonté.
la gloire aux aisles d'or, ton haut Throne environne ; Tu fais seoir à tes flancs, la pompe et la grandeur ; L'auguste Majesté de rayons te couronne, Et comme d*un manteau tu te vests de splendeur.
Pour luisant pavillon, tout à Tentour du monde. Tes mains du clair Olympe ont l'azur espandu, Congelant au dessus le froid amas de Tonde, Dont le thresor coulant en voûte est suspendu.
Par les plaines de l'air, carrière des nuages. Tu promenés ton char d'éclairs estincelant, Alelé d'aquilons et de bruyans orages, Et sur le dos fumeux des tourbillons roulan(.
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Les vents, courriers aislés qne nu! relai n*arresle, Sont de tes mandemeus les agites porteurs ; Et les foudres armez de flamme et de tempeste. De les fiers jugemens sont les exécuteurs.
Dessus son propre poids, tu balanças la terre, D'une chaîne éternelle au centre rattachant, Sans que vague jamais, de part ny d'autre, elle erre, Ses invisibles nœuds tant soit peu relâchant.
La mer encore alors sous ses ondes nouvelles. Ainsi qu'un mol esloy tout autour Fenfermoit ; Et le flot, ignorant ses bornes naturelles.
Des monts ensevelis les sommets abysmoit.
Mais soudain que ta voix dedans Pair se fit place, El que tes mots tonnans il te pleut prononcer. On vit naislre des monts l'imperieu^fe audace, El les timides flancs des vallons s'abbaisser.
L'Oceau menacé recogneut ses limites.
Environné de ports et rivages divers, Sans que le vain orgueil de ses vagues dépites Puisse plus désormais ofTenser TUnivers.
Des veines des rochers, par traces argentines, A longs plis de crystal glissèrent les ruisseaux, Qui traînent murmurant leurs fuites serpentines, Aux pieds des costeaux verts onfibragez d'arbrisseaux.
Là viennent esfancher leur tlamme immodérée Lorsque l'ardeur du Ciel va la soif irritant. Les champestres troupeaux de la plaine altérée, Jusqu'à ràne sauvage aux déserts habitans.
Là sont vus au printemps vestus de plumes peintes. Les oyscaux esmaillés leurs tendres nids bâtir, Animant les rochers de mille aimables plaintes, El ^ous leurs douces voix faisant Tair retentir.
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Pour rafraîchir le sein de la terre embrasée,
Du Ciel sur les hauts monts tu distilles les pleurs :
Aux herbes des vallons tu départs la rosée,
El le miel et le lait pleuvent dessus les fleurs.
De-Ià germent les foins, ondes d'émail tremblantes, Du servile bestail le caduque aliment ; De-là monte la sève, humide sang des plantes, Pour aux tiges naissans donner accroissement.
Afln qu'en longs estuis armés de cresles blondes, Le pain sorte à foison des sillons abbeuvés ; Et que le vin regorge aux cuves plus profondes, Pour resjoûir les cœurs de liesse privez.
Afin que l'homme aussi du doux suc de l'olive Esclaircisse son teint et le rende luisant ; Qu'il repare au labeur sa force fugitive, Et du fruict des espicz sa faim aille appaisant.
Sur le fameux Liban, d'humeur tu rassasies Les cèdres odorans que ta main a plantez, Dont les hostes de l'air les cimes ont choisies, Attachans aux rameaux leurs palais éventez.
Là l'orgueilleux sapin, qui sert à la Cigoigne De séjour élevé pour voisiner les Cieux, Roi des vertes forests, jusqu'aux astres éloigne Sur tous les autres bois son chef ambitieux.
Des animaux errans par les ombres secrettes, L'Eternel prend le soin en diverses façons :
Il donne aux cerfs légers les hauts monts pour retraites, El les rochers creusés aux picquans hérissons.
Afin de leur marquer les mois et les journées, Il a formé la Lune au visage inconstant ; Et du Soleil en long les carrières bornées.
Pour aller l'Univers tour à tour visitant,
Seigneur, tu fais couler les ténèbres humides ; Et la Duicl, qui du Ciel vient allumer les yeux, Rameine à pas muets sous ses ailes timides, La crainte, le silence, et le somme olieux.
Alors les fiers troupeaux que nul horreur n'effroye Sortent des bois couverts, par la faim irritez ; Et le roux lionceau qui rougit pour la proye, Te demande, Seigneur, ses mets ensanglantez.
Puis soudain que TAurore au matin se réveille, Enlr'ouvrant l'Orient des pointes de ses rais. Et semant dedans l'air mainte rose vermeille, Ce peuple ravissant se retire aux forests.
Adonc l'homme sans crainte à son labeur s'employc. Pendant que le sommeil les enchaîne à leur tour, Jusqu'à tant que le soir qui ses voiles déploie, S^rre et cueille en naissant les reliques du jour.
combien de tes faicts merveilleuse est l'histoire, Et combien de tes mains l'ouvrage est accomply ; La terre sert, Seigneur, de théâtre à ta gloire. Et de tes dons secrets l'Océan est remply.
Cet immense Océan, qui de ses bras liquides Presse le monde espars en tant de régions.
Cet Elément coulant dont le reflux tu guides, Où le peuple escaillé fend l'eau par légions.
Là les grands animaux, et les petits se jouent ; Là le pin vagabond en nef se transformant, Tend la voile inconstanle aux vcnls qui la secouent, Et renverse des Ilots le sillon escumant.
Là l'énorme Baleine en son humide Empire, Sous le marbre de Tonde exerce ses esbals ; Et son ventre profond qui les vagues respire, Des poissons engloutis fait do largos repas.
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Tout ce qui vil sur terre, ayant poumons el veines, Tous les monstres plus froids dans la mer confinez, El tout le camp volant dont Tair peuple ses plaines, Te demandenl. Seigneur, leurs mets assaisonnez.
Lors que de les Ihresors Tabondance tu verses, Pour combler leur désir tour à tour renaissant, Et que ta deztre s'ouvre à leurs plaintes diverses. En leurs styles divers ils te vont bénissant.
Des tournes-tu, Seigneur, tant soit peu ton visage Leurs forces tout à coup se sentent décliner, L'ame les abandonne, et sous une autre image. En leur première poudre, on les voit retourner.
Puis, comme ton esprit derechef se promeine Parmy l'air, sur la terre, et dans le sein des eaux, Ce doux souffle animé, ceste vivante haleine, Repeuple l'univers de citoyens nouveaux.
Soit du Très-Haut la gloire en tout temps fleurissante. Et puissent tellement luy plaire désormais Les efTects merveilleux de sa main Tout-puissante, Uue sa saincie faveur les conserve à jamais.
Du Très-Haut qui regarde en fureur les campagnes. Et fait trembler la terre au seul bruit de ses coups ; Qui touche le sommet des superbes montaignes. Et leur chef embrasé fume sous son courroux.
Tant qu'aux accents du luth j'auray la main apprise. On oirra sous mes doigts son nom retentissant : Que propice, sans plus, mes airs il favorise, Et jamais autre object ne m'ira ravissant.
Puisse la gent impie au contraire estre esteinte, Et les pervers desseins des meschans opprimez, Qui n'ont dedans le coeur son amour, uy sa crainte : Que leur racine seiche et qu'ils soient consumez.
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Kt loy qui lais mouvoir mes nerfs et mes artères, Qui formes ma parole, et distingue ses sons, Qui consacres ma bouche, et l'ouvres aux mystères, Exal(e-1e, mon ame, en tes saintes chansons.