PRIERE A DIEU
Assailli el ballu de tant d'aspre forfait D*ou prelens-je remède a ma peine seconde ?
Recourray-je à la chair, si la chair ma deffail? Espereray-je au monde, estant mort par le monde Au monde el à la chair, au Prince de la nuit
Je renonce à ceste heure.
Bien-heureux le pécheur que le repentir suit
Auparavant qu'il meure.
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Quiconque, ô Dieu, le suit vit tousjours en seurté Ne marche point de nuit, ne tombe en précipice, Le sentier des meschans est privé de clarté, Et le plus asseuré en plein midi y glisse :
Je n'y marcheray plus, nn asseuré support
De ta grâce m'ajourne, De suivre le chemin, où l'horreur de la mort
Un moment me séjourne.
Si mes crimes mutins redoublent leurs effroys Durant ce saint désir pour m'oster Tesperance D'atteindre au but de vie, aux armes de la croix Metté-je incontinent toute ma confiance.
Péchez, retirez-vous, j'ay perdu tout désir,
J'ay perdu toute envie De suivre vos appas ; un plus ferme plaisir
A mon ame ravie.
Cest bien trop haut voler estant si mal conduit. Sur l'aile du péché, aurois-je bien la grâce D'atteindre au port céleste ou rien de mal instruit. Rien d'ord et de fouillé ne sçauroit prendre place ? Non tu me jetteras un favorable ray
De ta douce prunelle.
Lors plus net et poli et plus blanc je seray
Que la neige nouvelle.
D'où me vient ceste audace, infortuné Chrestien Qui me fait tant oser? de quelle pénitence Ay-je effacé mon mal ? esperé-je avoir bien Si rien ne manque en moy sinon la conscience. Ne laisse pour autant d'accourir au secours
Des pécheurs misérables Aussi bien peu seront aux arrêts des grands jours
Devant toy non coupables.
Comme un jardin terni, que le flambant esté A longuement privé de l'humeur pluviale,
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Attend du ciel bénin la douce humidité,
Qui rend k seA bouqUets leur beauté principale,
Ainsi de toy J'atlens cotifoH h mori inal-heur.
Ainsi de loy j*eâpere Quelque soUlagejnent à \A gHevé douleur
Qui me geine et m'altère.
En vain de mes forfaià j'attens t*emisâiOh Me voyant opprimé de tant de vice énorme Si tu ne prens de moy quelque conipassibn, Redonnant à mon ame une nouvelle forme.
Assez du vieil Adam ay-j6 esté revesid
Héritier de sa pdmrtiej Or je veux me couvrir du Aatileau de teHu,
Habit du nouvel homme.
Tu es ce nouvel homme, aullleUr de vbrllé, Que je veux imiter comme la scure voye, Qui conduit les pécheurs k rimttiorlâlilé A celle fin de vivre en éternelle joyë.
Par là puissé-je entrer au royaume des GleUî,
Repurpé de rbffence Contraire à mon salul^ qui rfeslbUrlie mes yfehi
Du lieu de ma naissance.
(Le Mespris de la Vie et Consolation de la Mo}% i59i.)