CHAMBRE D'AMOUR
Dans la chambre qui fleure un peu la bergamote^ Ce soir, lasse, la yoix de l'ancien clavecin Chevrote des refrains enfantins de gavotte.
Eteintes par sa main pour quelque doux dessein D'amour, voici qu'enfin les lampes vespérales Fument au bruit de l'eau tintant dans le bassin.
Au bruit de l'eau qui brille en des lueurs lustrales A travers les rideaux roi dis de pourpre et d'or Dont le clair éclat croule aux fenêtres claustrales.
C'est, déroulant au mur un vaporeux décor, La pastorale peinte aux pimpantes images Où des Jeux et des Ris s'éparpille l'essor.
Sur les divans fanés en leurs riants ramages
Les coussins semblent lourds de l'oubli des absents :
Et du bleu baldaquin s'éplorent des plumages.
Seul un éventail chu de doigts jadis lassants
Présage le retour inespéré de Celle
Dont l'automne a pâli les charmes languissants.
Soudain c'est le rayon roux d'une rubacelle.
Un chuchotis de voix disant de doux remords, Et le baiser de ceux que la Vie ensorcelle
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Dans la chambre où, le soir, s'aimèrent tant de morts! (Poèmes^ 1887-1897 : Les Fastes»)