‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 11 sur 202 · SUR LE BANC VERT OU DORT LA PLUIE · texte numérisé non relu

SUR LE BANC VERT OU DORT LA PLUIE

Sur le banc vert où dort la pluie,

C'est là que va s'asseoir ma peine,

Vers le milieu de la nuit..-

Seule, sans son maître, quand nous dormons,

Elle sort de la maison,

Et ce n'est pas moi qui la mène...

Nous, là-haut, nous rêvons, en bruines paisibles...

Alors elle s'assied sur le banc de rouille.

Délassée, et le plus commodément possible.

Elle ne sent presque pas que la pluie la mouille.

Ma peine, ma bonne peine, ma vieille peine...

De là elle entend bien les fontaines,

L^ rainettes au frais, — toiités les autres tristèsiSes

Compatissantes de la nuit...

Elle sommeille, tousse un peu, s'éveille, et puis

Regarde nos persiennes et la lueur qui baisse.

Elle dit : « Mon dieu, mon dieu !.. »

Elle sait que nous ne sommes pas heureux,

Que nous ne le serions pas plus sans elle,

Et que nous ne le serons jamais...

Et la pluie sent les fleurs nouvelles,

Et la pluie a le bruit de la paix. —

Est-ce ma peine, estrce la tienne ?

Je l'ai mêlée avec la mienne.

Quelle est la mienne, quelle est la tienne ?

Quelle est celle qui parle en bas V. .

— Et quand je la i*etroave» au réveil» dans 1m draps.

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