‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 112 sur 202 · AULNOY · texte numérisé non relu

AULNOY

Les étoiles sont peu visibles dans les villes, Aldébaran clignote, Arcture est partiel ; Les falots rougeoyants de nos lanternes viles Eclipsent la splendeur maternelle du ciel.

L'endroit de contempler est la campagne sainte. Custode du regard solitaire et sans bruits, Où dans le cadre obscur de la rurale enceinte Les vergers constellés tendent leurs brûlants fruits.

Leurs grappes de clartés, leurs pulpes de lumière, Raisins mystérieux, pêches du verger pur, Dont la vendange prête et la cueillette àltière Tirent la soif du cœur vers Tivresse d*azur.

Sûr lîeu de savourer les récoltes profondes, De moisson éternelle, et de g-oûter les sucs Du berceau radieux de la treille des mondes Dont les pampres flambants ne sont jamais caducs.

Vrai seuil du rendez-vous des astres et des âmes, Quand l'œillade s'échange entre Thomme et les cieux. Où l'espalier divin à des treilles de flammes Dont les feux sont des pleurs et les grains sont des yeux.

{Les ChauveS' Souris,)

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