‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 142 sur 202 · CHRYSILLA · texte numérisé non relu

CHRYSILLA

Lorsque l'heure viendra de la coupe remplie.

Déesse, épargne-moi de voir à mon chevet Le Temps tardif couper, sans pleurs et sans regret. Le long fil importun d'une trop longue vie.

Arme plutôt l'Amour ; hélas I il m'a haïe Toujours et je sais trop que le cruel voudrait Déjà que de mon cœur, à son suprême trait.

Coulât mon sang mortel sur la terre rougie.

Mais non ! que vers le soir en riant m'apparaisse. Silencieuse, nue et belle, ma Jeunesse !

Qu'elle tienne une rose et l'efifeuille dans l'eau ;

J'écouterai l'adieu pleuré par la fontaine.

Et, sans qu'il soit besoin de flèches ni de faulx,

Je fermerai les yeux pour la nuit souterraine.

{Les Médailles d'Argile,}

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