‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 160 sur 202 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

C'est l'automne, la pluie et la mort de l'année I La mort de la jeunesse et du seul noble effort Auquel nous songerons à l'heure de la mort :

L'effort de se survivre en l'Œuvre terminée.

Mais c'est la fin de cet espoir, du grand espoir, Et c'est la fin d'un rêve aussi vain que les autres : Le nom du Dieu s'efface aux lèvres des apôtres Et le plus vigilant trahit avant le soir.

Guirlandes de la gloire, ah I vaines, toujours vaines ! Mais c'est triste pourtant quand on avait rêvé De ne pas trop périr et d'être un peu sauvé Et de laisser de soi dans les barques humaines.

Las I le rose de moi je le sens défleurir.

Je le sens qui se fane et je sens qu'on le cueille ! Mon sang ne coule pas ; on dirait qu'il s'effeuille... Et puisque la nuit vient, — j'ai sommeil de mourir I

(Le Régne du Silence.)

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