‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 161 sur 202 · C'EST OCTOBRE QUI S'EN REVIENT · texte numérisé non relu

C'EST OCTOBRE QUI S'EN REVIENT

C'est Octobre qui s'en revient avec le Soir ; Frères pensifs, ils reviennent de compagnie S'installer dans la chambre et devant le miroir Dont la clarté prolonge un éclat qui les nie ; Frères lointains, envers lesquels on eut des torts Qui rapportent un peu de fleurs des jardins morts Pour les intercaler dans les fleurs des tentures, Les tentures de demi-deuil de la Toussaint.

C'est le Soir, c'est Octobre ; une cloche se plaint Songeant confusément à des cloches futures Dont la tristesse en pleurs dans notre âme est déjà ! Le Soir s'installe, et rien de précis ne subsiste ; Octobre aussi s'installe et nous revient plus triste Depuis tous ces longs mois où seul il voyagea Durant l'année, à la recherche de notre âme ! Il la retrouve enfin, et doucement la blâme De l'avoir attendu pour faire accueil au Soir, Et qu'elle soit encor si profane aux approche.^ De la Toussaint qui vient par un chemin de cloches... Alors Octobre, auprès du Soir, songe à s'asseoir ; Et notre âme s'éplore en voyant, face à face. Ces deux hôtes causer de sa mort à voix basse 1

{Les Vies encloses.)

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