POUR LB 78* ANNIYERSAIRE D*HENRIK IBSEN
€ Solness, — Une tour 1 Que voulez dire ?
« Hilde Van^el. — Je pense à qu « chose qui s'élève,,, qui s* élève € ment dans les airs. »
Henrik Ibsen (Solness le Conslruc
Dans le cloaque aux herbes pestilentes, Gonflé d'orgueil, de boue et de vepin»
L'impur Dragon nage à travers les plantes^ Pour abriter le difforme et le nain, La plaine grasse et plus d^un lieu bénin :
Caserne, bouge, hôpital ou chanmine.
Entrez, les gueux, en loques, en sarreaux, Bétail humain dompté par la vermine !
Pourtant voyez I Par les airs sidéraux, Monte, en plein ciel, droite comme un héros, La claire Tour qui sur les flots domine.'
Une Princesse aux lèvres consolantes,
Rôdeurs blessés, y conduit par la main.
La voix se tait des foules insolentes
Près de la Dame au geste surhumain ;
Venez goûter l'espoir du lendemain
A ses genoux : que vers elle chemine
Le Peuple exempt des geôles, des barreaux.
Un souffle tiède éclot la balsamine
Et Floréal jase emmi les sureaux :
Car le soleil dore en tous ses vitraux
La claire Tour qui sur les flots domine.
Eldorados, Icarie ou Salentes,
340 POÂTES D*AUJ0U1U>*BUI
Fuyons oet air opaque et saturnin.
Plus de mensonge ou de guerres sanglantes I Garguons la voile et rompons le funin .
Là-bas, ainsi qu'à Taube, un Apennin, Du Temple neuf la crête s'illumine.
Prêtres abjects, rois, soudards ou bourreaux, Juges souillant de leur honte Thermine, Et de la foudre attisant les carreaux.
Voici, loin des gredins et des marauds, La claire Tour qui sur les flots domine.
IMTOI
Vienne ton jour, Déesse aux yeux si beaux, Dans un matin vermeil de SaJamine l Frappe nos cœurs en allés en lambeaux, Anarchie I ô porteuse de flambeau^.
Chasse la nuit, écrase la vermine Et dresse au ciel, fût-ce avec nos tombeaux, La claire Tour qui sur les flots domine !
BALLADE POOR l'sxaltation de la sainte pmâ
Vieux pèlerin aux jambes mutilées.
Courbe la tête et vois grandir le soir.
Le crépuscule obombre les allées Où ta jeunesse, en riant, vint s'asseoir En des bosquets de myrte et d'azalées, Près des grands lis aux parfums d'encensoir.
Les lis sont morts . Les roses di£Pamées, S'éche vêlant au gré du vent moqueur, Pleurent le deuil des lointaines aimées.
La Nuit descend. Pour guérir ta rancœur.
Avant que soient les ténèbres fermées, Cherche un autel où suspendre ton cœur !
Les Thalestris et les Penthésilées Nymphes d'orgueil cfue tu crus émiouvoir, Et ce laurier des Victoires ailées, Ton rêve, meurt dans la nuit sans espoir.
Une hideur sort des plèbes foulées Comme le vin qui gicle du pressoir.
Sous le talon assassin des armées Par qui le dol tortueux est vainqueur^ Le sang humain exhale ses fumées Et réjoui par la sombre liqueur, Le prêtre boit à lèvres enflammées.
Cherche un autel où suspendre ton cœur!
Aux cieux amis où s'en vont les galées.
Sur la mer blonde et verte, pur miroir, Parient aussi nos amours esseulées, Rires, baisers d'antan, frais reposoir Des jeunes bras, lèvres ensorcelées Qui nous dictaient le Rhjthme et le Devoir, Novembre hurle et geint soiis les ramées.
Voici l'automne et sa morne langueur!
Dans un linceul de regrets, embaumées, Triste et menant le funéraire chœur.
Le chœur plaintif des sœurs et des amées, Cherche un autel où suspendre ton cœur !