RENE GHIL
à Tourcoing (Nord) le 27 septembre 1862, M. René Ghil, pne belge par son père^ fit ses études à Paris, au 3 Condorcet, où il fut le camarade d'Epbraim Mikhaël, Brr« Quillard, de Stuart Merrill et d'André Fontaiûas. Son de débuts, Légendes d'âmes et de sangs, qui révélait un ne procédant d*aucun maître^ et dont la préface, où il dones grandes lignes deTceuvre qu'il méditait, laissait prcs- • les théories de musique verbale, que le Traité da Verbe t répandre avec éclat^ d'un coup attira sur lui l'attention, en rendant compte de ce premier livre que M. Edouard alors écrivit : « M. René Ghil ne sera jamais banal. » J86t parut pour la première fois le Traité da Verbe, perochure d'une dizaine de pages, où M. René Ghii ext sa théorie, encore spontanée et un peu incomplète, de rumentation verbale, expression par lui créée et qui deassez courante. Tantôt louangeuse et tantôt railleuse, la presse européenne s'occupa de cet ouvrage dont deux elles éditions, en 1887 et en 1888, achevèrent de faire lître M. René Ghil et ses théories instrumentistes. C'est que, séduit par ces théories, M. Gaston Dubedat^ en 1887, i les Ecrits pour Varty petite revue qui parut jusqu'en nbre 1 892 et où combattirent pour leurs idées les jeunes ains partisans de M. René Ghil qui, dans l'éditioa du
RENÉ OHIL 5l
Traité du Verbe publiée en 1888, avait exposé complètement et définitivement la philosophie de son œuvre, laquelle philosophie partait du transformisme et donnait comme substratum à ridée poétique l'idée scientifique. Enfin, en 1889, avec Le Meillear Devenir et Le Oeste ingéna, dont il était paru une édition d'essai en 1888, M^Kené Ghil commença l'œuvre qa*il airait annoncée à ses débuts et qui, sous le titre général et rigoureux d*Œaore, se divise en trois parties : Dire da Mieax — Dire des Sançs — Dire de la Loi, La première partie de cette œuvre et qui est aujourd'hui réalisée compte cinq livres, lesquels se composent chacun d'un ou plusieurs petits volumes paraissant à peu près chaque année. Et la deuxième par" tîe est commencée avec Le Pas humctin, publié en i898.L'6^a- «rr est une. De même que tous les volumes se relient les uns aux autres, se font suite et se pénètrent par l'idée générale et les motifs musicaux, comme les instants d'un drame lyri* que. de même tous les poèmes sont solidaires et se compilent, voix multiples pour un dire unique. C'est pourquoi ces poèmes n'ont point de titres, comme habituellement, mais simplement des numéros d^ordre, lesquels équivalent à des nwnéros de chapitre. Seuls, la marche et le mouvement des id^ y marquent des sortes de strophes, un peu irréguîières, car la strophe ancienne est répudiée par M. René Ghil au même titre que les silves de poèmes sans pensée générale et écrits iitiiiquement Selon l'inspiration. Le rêve scientifique do* mine cette œuvre où l'auteur, dans son écriture, veut synthétiser les différentes formes d'art, littéraire, musicale, picturale et plastique. Et M. René Ghil procédant, bien plus qu*en littérateur, en compositeur, il faudrait le comprendre comme le musicien verbal d'un grand drame où se fait, avec seulement des mots^ auxquels, il est vrai, il prétend donner des signit cations orchestrales, une synthèse à la fois biologique, historique et philosophique de l'Homme depuis les Origines. M. René Ghil a collaboré : à La Décadence, i^Sù — au Dé' cadenip 1886 — k La Pléiade, i'« s^pie 1886 — au Scapin,
POÂTES d'aujourd'hui
I — k La Vb^iie,if« série, 1886 — aux Ecrits pour Varh } ^kLa Wallonie, 1887, 1888 et 1889— à La Revue in- ' mdante, 4* série, 1889 — à L*Art litièrairey 1894 — etc.
ibliographie :
fi ŒUVRES. — Livres &*^ss9\st Légende d'àmes et de sangs, vers, i, Frinzincet Gie, i885 (épuisé 1. — Le Traité da Verbe, Paris, ad, 1886 (épuisé). — Le Traité da Verbe, édition revue et au^- Lcc, Paris, Alcan-Levy, 1887 (épuisé). — Le Geste ingénu^ édUd'essai, Paris, Vanier, 1887 (épuisé).— Le Traité da Verbe, on d'art, revue et complétée, avec portrait, Bruxelles, Ed. De- ,1688 (épuisé). — Œuvre: En Méthode à l'Œuvre, Livre-préfadition nouvelle et seule complète du Traité du Verbe, avec por- , Paris, 1891. — !'• Partie : Dire du Mieux : L. I et II ; Le leur devenir. Le Geste ingénu, 1 vol., Paris^ 1 889. — L. III : ^reuve égoïste, i vol., Paris, 1890. — L.IV : Le Vœu de vivre, ., Paris, i8^)i, 189a et 1893. — L. V : L* Ordre altruiste,^ vol., î,i894, 1895 et 1897 (i). -- a« Partie : Dire des Sangs : L. I : 'as humain, 1 vol., Paris, Soc. du Mercure de France, 1898. PRÉPARATION. — a* Partie : Dire des Sangs :L. II : Les Gëniiu- — L. III : Les Sens nouveaux. — L, IV : Le Monde mortel, — ' :Le Devenir. — Z* Partie : Dire de la loi. Plusieurs volumes.' CONSUI.TSR. — R. de Gourmont : Le II* Livre des Masques, Paris, du Mercure de France, 1898. — J. Huret : Enquête sur CEvo^ littéraire, Paris, Charpentier, 1891 . — J. Tellier : Nos Poètes, 1, Despret, 1888.
onyme : M. René Ghil, Bulletin des Etudiants de Montpellier, 1891. — M. Batilliat : M. René Ghil, Avant-garde dcTarbes, ptembre^io etaa octobre, etao novembre 1891. — G. et J. Cou- : M. René Ghil, Revue indépendante, août 1891 -^ G. et J. irat : Af. René Ghil et la poésie scientifique. Revue indépen- !, novembre 189a. — E. Michelet : R.Ghil : Méthode évolutive amentiste. Revue indépendante, mai 1889, — E. Michelet : or- Gaulois, 39 août 1887. — G. Moch:Z^ Calcul et la réalisation .ttditions colorées, Revue scientifique, ao août 1898. — T. S. ' : The Latest Literary I^ashion in France, The Cosmopolifan -York) juiUet 189a. — G. M. Savarit : M. René Ghil, La Re-
|Les livres deVCEuvre, suivis seulement de la mention : Paris la date, sont parus sans nom d'éditeur. Ils sont en dépôt à la rie du Mercure de France.
KÊSi OBIL 5f
naissance, 7 avril, 1896. — E. Strauss: 3f, René (jA«7,La Critique, 5 avril 1896. — E. Verhaeren : articles, Art moderne (Bruxelles), 5 décembre 1886 et a4 avril i8>^7. —- P. Verlaine : René Ghil, les Hommes d'aujourd'hui, n« 338, Paris, Vanier.
Iconographie:
Luque : Portrait char ffe,d&ns Les Hommes cTaujourcThvtiin^ZZS, Paris, Vanier. — Robuchon : Portrait à la plnme^ 1893 (reproduit dans le Courrier français jib janvier 1893. — Couturier : Portraità la plume^ 1890 (reproduit dans le Don Juan, octobre 1896). — F. Vallolton : MasquefdAns Le II' Livre des Masques, Fains,Soc. du Mercure de France, 1898. — F. Vczzani : Peinture, 1899, appartient à M. René Ghil.
SONNET
Mais leurs ventres éclats de la nuit des Tonnerres I Désuétude d'un grand heurt de primes cieux Une aurore perdant le sens des chants hjmnaires Attire en souriant la vanité des Yeux.
Ah ! Féparre profond d'ors extraordinaires S'est apaisé léger en ondoiement soyeux, £t ton vain charme humain dit que tu dég-énères ! Antiquité du sein où s^épure le mieux.
Et par le voile aux plis trop onduleux ces Femmes Amoureuses du seul semblant d'épithalames Vont irradier loin d'un soleil tentateur :
Pour n'avoir pas songé vers de hauts soirs de glaives Que de leurs flancs pouvait naître le Rédempteur Qui doit sortir des Temps inconnus de nos rêves.
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