JE VOUDRAIS ÊTRE UN HOMME
Je voudrais être un homme; or rien dans mes poèmes
Ne répond au sanglot de la détresse humaine.
Aux heures de paresse on s'arrête à ce livre
Gomme on entre dans une auberge somptueuse
Pour y goûter un peu de paix voluptueuse
Au rhythme des chansons et des belles musiques.
CHARLES GUéRIN 7I
Les afflig-és s'en vont se consoler ailleurs, La femme reste indifférente et les railleurs Grardent le pli crispé de leur sourire amer.
On dit : — Ce sont des mots, des mots, de simples mots, C'est un enfant qui crie avant d'avoir souffert. Peut-être un baladin qui mime les sang^lots... Que vient-il nous parler de Tamour, celui-là, Avec sa flûte et ses sonnets à falbalas?
Oh ! ce marbre serein des petites douleurs Que sa piété soigneuse enguirlande de fleurs 1 — Hélas! c'est vrai, Messieurs et Mesdames, c'est vrail Donnez-moi le génie âpre qu'il me faudrait Pour labourer profondément vos cœurs secrets. Hélas! oui, je voudrais vous offrir en écho Le livre où chaque amant revivrait ses baisers. Et puisqu'au fond tout est des mots, rien que des mots, Savoir au moins les mots divins qui font pleurer. 10 février i8g8, {Le Cœur Solitaire.)