ICI LA DANSE DES FEUILLES
3 des feuilles dans les allées; Tespoir fleuri des mais nouveaux les de mort descendent les vallées.
mal balance les grands pavots tristement Torgueil do leurs corolles ; \ ses mystérieux chevaux.
t froids ainsi que des idoles, risse de neige et de glaçons, avec de blanche? auréoles.
, loin de la joie et des chansons, s où pleurent les anciennes gloires enir des défuntes moissons.
, vers les grottes mornes et noires,
sent les roses et les lilas,
îs dont Tennui décolore les moires.
A. -FERDINAND HEROLD 8l
Monotone, Je vent sonne toujours le glas Des matins lumineux et des nuits étoilées, Et fait tournoyer, sans jamais en être las,
La danse des feuilles i^iortes dans les allées.
{Chevaleries sentimentales,)
MAROZIE
Sur la terrasse ombreuse où sa chair extasie Et qu'eng-uirlandent les vignes aux blonds raisins. Parmi les cardinaux et les ducs, ses cousins, Siège, demi-nue et rieuse, Marozie.
Devant son trône danse une troupe choisie Des esclaves filles des émirs sarrazins, Et des poètes lui murmurent des dizains Dont le rhythme berceur charme sa fantaisie.
L'aile rude, jamais aucun oiseau de soir Ne frôle son front juvénile d'un vol noir, Et jamais le mépris d'un amant ne Tenfièvre.
Le Pape viderait pour elle des trésors.
Et clercs et rois mourraient, des chansons à la lèvre,
Pour un regard ami de ses yeux semés d'ors.
(Chevaleries sentimentales.)
SUR LA TERRE IL TOMèE.,.
Sur la terre il tombe de la neige, Sur la terre il tombe de Tonjbre.
Ou sont allées les feuilles sèches?
Même les feuilles sèches sont mortes.
Et maintenant de la neige et de l'ombre tombent
8a POÈTES d'aujourd'hui
On dirait de mauvais anges qui heurtent
Les marteaux rouilles contre les portes,
Des anges qui nous tuent de souffrances très lentes.
Et, à l'horizon, les tristes nues, traînantes...
Les maisons sont closes comme des tombei^ sombres, Et , partout, c'est de la neige et de l'ombre qui tombent.
{Chevaleries sentimentales.)
BERTILLA
Aux marges neuves d'un bel évangéliaire, L'Abbesse peint des colombes et des griffons; Elle peint des rameaux d'olivier et de lierre Ou des Anges volants parmi des ciels profonds.
Là, Jésus dort en un berceau de paille fraîche; Et voici les trois Rois Mages et les Bergers Que l'Etoile guida vers la divine crèche Avec les vases d'or et les fruits des vergers.
La sage Abbesse peint de douces rêveries, Le Précurseur, grave et maigre, et vôlu de peau, Et le Seigneur qui dans les mystiques prairies Veille sur les brebis de son chaste troupeau.
Et la tôte de Christ saignant au mur se baisse Pour mieux voir et sourit à Ja savante Abbesse.
[Chevaleries sentimentales.)