RAYMOND DE LA TATLHÈDE
M. Raymond-Pierre-Joseph Gagoabé de La Tailhède est né à Moîssac (Tarn-et-Garonne), le \t\ octobre 1867. Hormis une période d'éludés qu'il passa à Paris, il vécut les années de sa jeunesse au pays natal où il se lia intimement avec un jeune professeur au Collège qui aura laissé dans les lettres un souvenir atlendri : Jules Tellier. Son enfance studieuse ne mérile guère d'être mentionnée ; élève de M. René Doumîc, au collège Stanislas, M . Raymond de La Tailhède ne dut certes pas à un tel maître son amour pour les lettres ; il nous l'a avoué eu nous contant le mépris que manifestait alors ce dernier pour l'art hautain de Lecontede Lisle.Fixéà Paris vers 1888, il écrivit sans hâte ses premiers vers et projeta la publication d'un recueil trahissant diverses influences. Ce volume neparut point, mais quelques pièces demeurèrent; l'une d'elles fut citée dans Nos Poètes, d'autres ornèrent l'édition des Reliques de Jules Tellier qu'il publia après la mort, et en souvenir de son précieux ami. En 1890, il se lia avec M. Jean Moréas déjà rencontré, puis avec MM. Maurice du Plessys et Ernest Raynaud,et contribua à créer un nouveau mode poétique emprunté aux sources de la Renaissance. Ce fut l'aurore de ï Ecole Romane. De cette intention naquit La Métamorphose des fontaines, poème suivi de quelques odes, sonnets et hymnes à la manière de Ronsard, qui pour offrir des qualités de pre-
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mier ordre^ne suffit pas,à donner toute la mesure de son talent. La poésie de M. Raymond de LaTailhède est froîde, impassible, exprimant un art lent, aux expressions mesurées» pondérées comme les paroles d'un vieillard, elle ne peut que nous faire regretter Thabile chanteur qu'elle nous cèle. Dans cette œuvre malheureusement parcimonieuse, de rares beautés s'imposent^ parterre de fleurs qui s'inclinent â mourir et regrettent parmi les marbres d'automne une terre ensoleillée qu'elles n'ont point connue. , .
Peu soucieux d'être imprimé, M. Raymond de La Tailhède aura été le seul poète de sa génération qui ne rechercha pas les honneurs d'une collaboration aux revues de son temps. A peine trouve-l«on de lui dans Les Chroniques, i SSy.et La Plamcy 1889-1899, quelques vers et des contes qu'il se plaît à oublier.
Bibliographie :
LBSŒavRBS. — Delà Métamorphose des Fontaines y poème, suivi des Odes, des Sonnets et des Hymnes, Paris, BiblioUièque Artistique cl littéraire, 1896.
E5 PRÉPARATiox. — Orphée et divers poèmes, — une adaptation poétique de YAjax de Sophocle.
A coMsaLTER. — J. Telliep : Nos Portes, Paris, Desprel, 1888. ^Anonyme : M. Raymond de La Tailhède, Déhais, ifi mars 1895. — Ch. Maurras: La Vie littéraire,l\evue Encyclopédique,!" mai 1895. — E. Raynaud : L'Ecole romane, Mercure de Francc,mai 1896.
Iconographie :
Croquis à la plame (non signé). Revue Encyclopédique, i" janvier 1893.