‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 66 sur 202 · APPARITION · texte numérisé non relu

APPARITION

Je venais du mystère et des palais antiques Drapé dans le manteau roug-e des empereurs; A rhorizon, je secouais de mes fureurs L'Océan boréal et les mers atlantiques.

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J'avançais devant la face des continents

Vers la horde arrogante et fourbe des barbares;

Mon apparition fit taire leurs fanfares,

Le silence arrêta le vol des quatre vents.

L'esprit des foules qui bavarde et qui ricane Me dit : a Sang'lant banni des royaumes éteints Qui semblais autrefois la rose des matins, Tu pâlis maintenant comme un soleil se fane.

Tu n'as pas achevé tes Téves insensés,

Les temples furieux ont tué tes ministres,

Tes temples sont tombés dans des lueurs sinistres,

Ta mémoire et ton nom sont partout effacés.

Si tu viens parmi nous, nous troublerons tes fôtes Et nous rirons de tes chansons, car nous aurons Dans les mains une épée et le casque à nos fronts : Nous vengerons sur toi nos peurs et nos défaites. »

a Si je ne suis plus roi, je suis aussi cruel : Contre vous j'armerai la beauté de vos femmes, Kt pour qu'un vain désir épouvante les âmes.

Vos fils seront marqués de ce signe immortel.

Lorsque dans mes palais enveloppés de gloires,

Une fête chantait à la moisson des fleurs.

Vous avez élevé le cri de vos douleurs

Hors de l'ombre où planait l'effroi de mes victoires.

Mais moi le Rédempteur qui vins avant le jour. Dont le, nom ressemblait au nom de la lumière. J'ai gardé dans mes yeux la splendeur meurtrière, Car j'étais votre dieu, peuples, je suis l'Amour. »

{Les Triomphes^]

HAYMOND DR LA TAILHÀDE 1^5

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