I. — Deuxième période du siècle de Louis XIV. Racine
Nous venons de voir le matin du siècle de Louis XIV; le raidi s'avance; le soir viendra à son tour. Le midi commence après la mort de Mazarin, vers 1660 ou 1661. Tout est brillant, glorieux, concentré sous une seule main ; le roi peut dire alors en toute vérité : LÉtat c'est moi. Ce sont des jours de prospérité, de paix intérieure, d'espérance. Les arts, encouragés , s'épanouissent. Les cinq premières années de cette période nous font voir l'éclosion de la plupart des grands talents; les brillants débuts appartiennent à ces heures favorisées. Bossuet, qui avait déjà prêché à Versailles en 1658, y prêche de nouveau avec beaucoup d'éclat en 1661. Il ne brillera comme écrivain que plus tard ; mais il est déjà connu comme controversiste. Bourdaloue arrive à Paris en 1669 seulement; mais sa réputation était déjà grande. Fléchier était célèbre par ses sermons. Pellisson écrivait en 1661 ses admirables Mémoires
pour le procès de Fouquet. La première édition des Maximes de La Rochefoucauld porte la date de 1665. Madame de La Fayette n'avait rien publié; Zaide^ sa première production, est de d670. Molière avait fait représenter les Précieuses en 16o9; V École des maris le fut en 1661. La Fontaine ne mit au jour les six premiers livres de ses Fables qu'en 1B68 seulement; mais la plupart d'entre elles étaient déjà connues, et ï Elégie aux nymphes de Vaux est de 1661 ou 1662. De 1660 à 1665, Boileau publiait quelques-unes de ses Satires. Quinault commençait par ses opéras à préluder aux belles tragédies qui allaient éclore. Racine, enfin, donna la Tlièhdide en 1664, et Alexandre en 1665.
Où en étaient alors le goût et les idées littéraires ? La prose avait été irrévocablement fixée sous la main de Pascal. Mais l'oracle de la poésie, malgré Corneille, était encore Chapelain. Il fallait du courage pour lutter contre l'engouement du siècle et entreprendre la fondation d'une école nouvelle. Racine et Boileau se chargèrent de la tâche. Sous ce point de vue, ces deux noms ne doivent point être séparés. Si Boileau parut le plus ardent à l'attaque, la part de Racine , quoique moins ostensible, ne fut pas moins réelle; il fournissait l'exemple, tandis que son ami donnait le précepte. Il n'a écrit ni VArl poétique ni les Satires, mais il n'est pas moins que Boileau le poëte de la raison. Ce mot caractérise cette grande école.
Avant tout, c'est par le génie qu'elle se distingue.
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Mais génie à part, ce qui frappe le plus dans la poésie de cette époque, dans celle du moins qui est restée classique, c'est la raison, c'est-à-dire la raison prise dans un sens particulier, non dans le sens très général que Chénier donne à ce mot lorsqu'il dit :
Le goût n'est rien qu'un bon sens délicat, Et le génie est la raison sublime.
Ce que j'entends ici par raison, c'est proprement la recherche du vrai et la répulsion du faux. On succédait à une période où l'on avait aspiré au sublime, mais peu tenu compte du sensé; il était grand, il était glorieux de savoir rentrer dans les conditions de la raison. Lors de l'apparition de Corneille, et en dépi , de l'influence de son génie, il y avait une foule de poêles qui menaient grand bruit, comme les vagues d'une mer; il ne nous en est parvenu qu'une sorte de clapotement entendu au travers des écrits de Boileau. Les noms des auteurs pullulent, mais ils ne nous disent plus rien. C'étaient des tendances confuses et mal déterminées; c'était l'impuissance dans les hardiesses de l'innovation; quelquefois la vérité du sentiment étouffée sous les amplifications du mauvais goût. Au milieu de ce fouilJis sans correction, sans consistance, sans vigueur réelle, qu'on se représente l'apparition de deux ou trois hommes de goût et de talent, qui sentent d'emblée la nécessité d'émonder cette végétation folle. Il est des époques où l'on ne peut sauver de grands intérêts qu'au prix de certains sacrifices; où, pour aboutir à une construction véritable, il faut d'abord déblayer le sol. Tel
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fut le siècle de Louis XIV. Sans pitié et sans examen, il fallut abattre bien des choses; ainsi, par exemple? se trouvèrent condamnés une certaine liberté d'invention et un luxe de fantaisie que l'exécution ne justifiait guère, il est vrai, mais qu'il est cependant permis de regretter. Le classicisme commença. Boileau et Racine consommèrent pour la poésie ce que Pascal avait accompli pour la prose ; ils achcA^èrent l'œuvre de Malherbe, comme Louis XIV consommait celle de Richelieu. Les principes étaient les mêmes; aussi, entre ces deux œuvres, n'y avait-il pas seulement analogie, mais correspondance.
Bien des choses avaient marché et laissé Corneille en arrière. Il s'attardait, il ne se renouvelait pas, il tournait sur lui-même sans avancer. Enfin Racine vint, qui
De Corneille vieilli sut consoler Paris (1),
Nous dirons peu de chose de sa vie; la littérature étant alors exclusivement littéraire, il nous est permis de faire en quelque sorte abstraction de la biographie des auteurs de cette époque : ils étaient littérateurs et rien de plus. Il n'en serait pas de même au dix-huitième siècle : chez Rousseau et chez Voltaire les événements extérieurs expliquent très souvent les écrits.
Nous avons cependant besoin de quelques détails; il faut jusqu'à un certain point nous rendre
(0 ÉoitEAu. Épitre Vil.
compte de ce que fut l'homme; un attrait sympathique nous pousse sans cesse à le chercher dans l'auteur.
Né en 1639, d'une famille respectable, Racine appartient tout entier aux belles années du siècle de Louis XIV. Élevé comme Éliacin à l'ombre du sanctuaire, il fut confié à Port-Royal ; il y grandit sous cette éducation tendre au fond , mais austère de formes et de pratiques, et où l'affection travaillait sans cesse à se voiler. On sait que la science s'y unissait à la piété. De bonne heure, le jeune Racine s'y familiarisa avec l'antiquité, et cette tradition littéraire fut ce qu'il conserva le mieux peut-être de son éducation. Bel esprit et mondain par le fond naturel de son caractère, sa vocation présumée pour l'état ecclésiastique disparut bientôt, soit en raison du genre de 'ses facultés, soit à l'occasion d'un procès qu'il eut à subir relativement à un bénéfice. L'ambition l'aiguillonna de bonne heure; il chercha à se faire des appuis à la cour; sa nature était un peu celle que son ami Despréaux a dépeinte en ces vers :
Se pousse auprès des grands, s'intrigue, se ménage, Contre les coups du sort clierche à se maintenir. Et loin dans le présent regarde l'avenir (I).
Il faut y joindre un amour-propre irritable et un esprit caustique. Sa conduite ne fut pas toujours noble et généreuse; la prospérité l'avait enflé; voguant sur une mer tranquille, il oublia le rivage qui l'avait
{\) L'Art poétique, chaul IH.
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abrité. Il s'estima enveloppé dans la réprobation lancée par son ancien maître Nicole contre les faiseurs de romans et de tragédies, et il écrivit contre lui et tout Port-Royal une lettre où l'animosité éclate bien plus que l'esprit. Elle fut suivie d'une seconde, que Boileau, dit-on, l'empêcha de publier. Voici comment Louis Racine s'explique sur ces écrits de son père : « Le public ne les attendait ni d'un jeune homme (( occupé de tragédies, ni d'un élève de Port-Royal. « La vivacité du poète, qui se crut offensé dans son « talent, ce qu'il avait de plus cher, lui fit oublier « ce qu'il devait à ses premiers maîtres, et l'engagea « à entrer sans réflexion dans une querelle qui ne le « regardait pas (i). »
Je ne saurais me plaire à rabaisser le caractère des hommes de talent auxquels, avec toute l'humanité, je dois tant de jouissances; je me sens plutôt porté, comme chacun, à faire un seul tout de leur caractère et de leur génie, et à supposer que tout en eux a été d'accord. Ce n'est pas ma faute si l'homme et l'écrivain sont, à l'ordinaire, deux êtres si différents, quelquefois même si opposés, et si l'on ne peut prendre en un sens absolu le mot de Buffon : « Le style, c'est l'homme môme. » Mais enfin le talent est du talent, pas autre chose; et il n'y a pas toujours plus de rapport entre le caractère et le talent qu'entre la justesse de l'esprit et celle de l'oreille. La base du talent est l'imagination, qui n'est, si je le comprends bien, autre chose que la sensibilité de
(l; Mémoires sur la vie de Jean l'.uciiic. rrcniiiic iiailic
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l'esprit, de même que la sensibilité, peut-être, n'est autre chose que l'imagination du cœur. Sans m'arrêter à ces distinctions, j'accorderai yolontiers que la sensibilité est le principe du talent, et qu'on a du talent, j'entends du talent littéraire, à proportion qu'on est plus sensible ; mais je nierai que la sensibilité soit la même chose que le principe moral, et qu'un homme soit d'autant plus moral qu'il est plus sensible. Entre deux hommes, dont l'un est très sensible et l'autre l'est très peu, c'est l)ien souvent le second qui est le meilleur; mais le premier est plus voisin du talent. La sensibilité qui fait le talent, est une sympathie avec tous les sentiments humains, et l'homme de talent pourrait avoir pour devise : Homo svm, humani niliil a me alienum pulo» — Nihil^ entendezvous, c'est-à-dire le mal comme le bien, tous deux saisis par la même intelligence vive, intime. Conclurai-je (jue Shakespeare était un scélérat parce qu'il a su si bien s'identifier avec Lady Macbeth, avec lago? Vraiment non. L'homme de talent sera donc, tour à tour, tout ce que l'on peut être.
Cette faculté de sympathie, ou, si l'on veut, d'intelligence, a quelque chose d'effrayant. Il est effrayant de penser que tout peut s'imiter. L'âme quelquefois imite le talent, et c'est un beau phénomène; mais combien plus souvent et avec combien plus de succès le talent imite l'âme ! Je me suis pris parfois à douter si l'exercice de cette faculté n'est pas un des plus grands dangers; si le talent est une grâce ou une tentation; si la profession du poëte, qui vil
moins parmi les choses que parmi les idées des choses, qui se promène parmi l'apparence, n'est pas une de celles qui démoralisent le plus, et si l'âme ne se vide pas de ce dont l'imagination se remplit. Être sensible à tout, c'est être indifférent à tout : « Je suis « chose légère, » dit le poëte parlant de lui-même. Ceux qui échappent à ce danger, ceux qui même, chose rare, grandissent comme hommes en grandissant comme poètes, sont des monuments de la protection divine; mais je remarque avec effroi que quelques-uns des plus grands parmi les poètes ont été à peine des hommes. Est-ce à dire qu'il n'y ait rien que du talent, en fait d'art et de poésie? Non, certes,
II. — Premières oeuvres de Racine, La Thébaïde. (1664.)— Alexandre-i.e-Grand. (1665.)
Deux pièces de vers, dont l'une, la Nymphe de la Seine, parut en 1660, procurèrent à Racine la réalisation de ses vœux, l'entrée à la cour. La Renommée aux Muses est de 1664. Tout cela valut, en outre, à Racine une petite pension. Mais ce n'étaient que des essais. On parle volontiers des illuminations soudaines, des révélations mystérieuses du génie; la plupart des poètes n'ont pas été menés si violemment à leur but. On avance, on tâtonne, on tente plusieurs sujets les uns après les autres, comme on essaye plusieurs paires de gants avant de rencontrer la bonne. Souvent c'est une circonstance fortuite qui amène l'é-
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crivain au genre où son vrai talent pourra se déployer clans toute son ampleur. Nous allons voir d'autres tâtonnements de Racine.
La Théhaïde, ou les Frères ennemis, parut en 1664. Les triomphes de la scène étaient alors la gloire littéraire la plus ambitionnée. Racine n'était pas encore affranchi de la tradition de Corneille. Sa pièce présente peu de symptômes de ce qu'il sera bientôt; c'est Corneille affaibli, éventé; on dirait un flacon d'essence mal bouché, qui a perdu le meilleur de son parfum. Le drame est tragique, sans doute; on y compte cinq ou six morts; mais on n'y sent rien de touchant. Le personnage le plus intéressant, Ménécée, qui se sacrifie pour apaiser les dieux et accomplir l'oracle, est précisément celui qu'on ne voit pas. L'intérêt est nul et ne s'attache à personne. Au milieu de ces horreurs se rencontre le ridicule amour du vieux Créon pour sa nièce Antigone. Ce rôle vicieux de Créon est la caricature des héros corné-' liens, ou plutôt, ce qui est à remarquer, des héroïnes. Racine a transporté au sexe masculin cette opiniâtreté, cette satisfaction dans le mal, dont Corneille avait fait l'apanage des femmes. Comme Cléopâtre, comme Léontine, Créon est un être en qui la nature est morte, et qui professe les plus détestables maximes. Et c'est lui qui vient faire, en vers pompeux, le récit de la mort de son fils Hémon! C'est pis que Théramène. Il dit à son confident en parlant d'Étéocle et de Polvnice ;
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Ne l'étonné donc plus si je veux qu'ils se voient : Je veux qu'en se voyant leurs fureurs se déploient; Que rappelant leur haine, au lieu de la chasser, Ils s'étouffent, Attale, en voulant s'emhrasser (1).
Et plus tard, en parlant de la mort de ses deux fils :
Oui, leur perte m'afflige; Je sais ce que de moi le rang de père exige; Je l'étais : mais surtout j'étais né pour régner; Et je perds beaucoup moins que je ne crois gagner (2).
Certes, c'est bien ici qu'on est tenté de s'écrier :
Voilù, je vous l'avoue, un abominable homme (3)! •
Et pour comble, on le voit essayer de se tuer, et mourir, ou peu s'en faut, de douleur, à la nouvelle de la mort d'Antigone. Dans la préface jointe plus tard à sa tragédie, Racine s'excuse en quelque sorte d'avoir fait Créon amoureux; il dit qu'en un sujet pareil « il « faut jeter l'amour sur un des seconds personnages, ce comme il a fait, et qu'alors cette passion, qui dece vient comme étrangère au sujet, ne peut produire ce que de médiocres effets. »
Mais la Tliébdidc était son début. Racine ne connaissait encore ni son art, ni les ressources de son génie; il n'avait d'autre idéal que l'idéal créé par Corneille; c'était sur cette voie qu'il espérait les applaudissements. D'ailleurs, il ne savait pas encore exprimer les passions au moyen du style; son style, malgré beaucoup de beaux vers, et même de beaux morceaux, n'a pas dans la Thébaïde la flexibilité et
(i) Acte Ul, sct'ne VI. (2) Acte V, scrne IV,
(a) Le Tartufe, acte, IV, sct ne VI.
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les nuances qu'il aura plus tard. Déjà, cependant, il annonce un écrivain distingué ; il possède de la pureté, de la propriété, de l'élégance, et il diffère, sous ce rapport, de celui de Corneille, d'une manière très marquée. C'est là que la langue poétique moderne commence à paraître.
Alexandre-le~Grand est de 1665. Ici il y a progrès, quoique la pièce soit dans un genre faux. Racine imite encore, il calque même Corneille, et dans ce que celui-ci a fait de moins vrai; mais le style s'est perfectionné. Alexandre, d'ailleurs, n'est guère plus intéressant que la Théhaulc. Les deux ou trois amours qui occupent la scène sont fastidieux. Qui croirait que dans une pièce où paraissent Alexandre et Porus, et où une bataille décisive se livre entre ces deux princes, l'intrigue consiste dans les prétentions rivales de Porus et de Taxile à la main d'Axiane, et que tout soit sul)ordonné à cet intérêt? Alexandre luimême n'est plus héros et conquérant que pour les beaux yeux de Cléofile; et Porus, le véritable héros de la pièce, quoi cju'en dise l'auteur, est aussi possédé d'une amoureuse langueur pour les divins appas d'Axiane. Le langage de ces amants est celui dont nous avons signalé le ridicule chez Corneille. Cléofile dit d'Alexandre :
Pour venir jusqu'à moi, ses soupirs embrasés
Se font jour au travers de deux camps opposés (IJ.
(0 Acle 1, seine I.
Et Taxile, en parlant d'Axiane :
Reine de tous les cœurs, elle met tout en armes Pour cette liberté que détruisent ses charmes; Elle rougit des fers qu'on apporte en ces lieux, Et n'y saurait souffrir de tyrans que ses yeux (1).
Ce rôle de Taxile n'est que de la faiblesse sans aucun mélange de grandeur.
L'ensemble de la pièce, cependant, manque plus d'intérêt que de beautés. On y rencontre çà et là de magnifiques vers, qui ne sont point indignes du grand Racine. Il s'y trouve des caractères noblement tracés, Porus et Alexandre sont grands tous deux, Porus surtout. Dans la scène entre Porus, Taxile et Épliestion, Éphestion sollicitant la soumission des princes indiens emploie, en parlant de son maître Alexandre, cette admirable expression :
Mais vous-mêmes, trompés d'un vain espoir de gloire, N'allez point dans ses bras irriter la victoire (2).
Taxile s'est lâchement rendu ; mais Porus fait une réponse pleine de noblesse, dans laquelle il faut signaler ces beaux vers :
Mais nous, qui d'un autre œil jugeons les conquérants, Nous savons que les dieux ne sont pas des tyrans; Et de quelque façon qu'un esclave le nomme, Le fils de Jupiter passe ici pour un homme (3).
Et plus loin, dans la scène dernière, la réponse de Porus à la question d'Alexandre :
Parlez donc, dites-moi, Comment prétendez-vous que je vous traite?
(0 Acte 1, scène I. (2) Acte U, sccne 11, (3) Jbid.
POBUS,
En roi('l).
Alexandre a, de même, sa grandeur. Il s'excuse auprès de la sœur de Taxile de ne pas faire périr Porus, sous le glaive duquel Taxile vient de succomber ;
Vous-même, vous pourriez prendre pour une offense La mort d'un ennemi qui n'est plus en défense; 11 en triomplierait; et, bravant ma rigueur, Porus dans le tombeau descendrait en vainqueur (2).
Mais que dire de cette tragédie en général ? On en cherche le héros, on en cherche le sujet, sans les trouver. Le premier mérite d'une œuvre dramatique, c'est qu'une idée s'en dégage nettement et vivement, c'est qu'on puisse, comme un discours oratoire, la réduire à une proposition. Ici Racine ne se connaît pas encore ; son génie ne fait que balbutier.