X. — Don Sanche d'Aragon. (16S
Parmi les œuvres qui portent des traces du déclin de Corneille, il en est qui ne sont guère lues, dont on ne parle pas, et qui, cependant, méritent d'attirer l'attention mieux que d'autreè qui conservent une certaine renommée. Don Sanche d^ Aragon est de ce nombre. Dans cette pièce, intitulée : Comédiehérinquej Corneille, naturellement romanesque, l'a été à bride abattue. Don Sanche est un véritable roman; il est aisé de s'en convaincre par l'analyse de ce drame ;
(t) Acte n, fcène L (2) Acte II, scène VU. (S) Acte H, scène Ul. .
IM nERRE CORnEILtB.
mais c'est une pièce intéressante, qui me paraît renfermer des éléments distingués et qui, je Tayoue, a pour moi un attrait particulier.
Un Carlos, dont l'origine est inconnue, a feit des prodiges de valeur au service de la jeune reine de Castille, Isabelle, dont le cœur est à lui sans qu'il en ait obtenu ni sollicité Taveu. Elle est appelée par le vœu public à faire choix d'un époux, et trois hommes de haute naissance lui sont recommandés par les États de son royaume. Piquée du mépris que ces trois seigneurs, dans une occasion solennelle, affectent pour Carlos, à cause de l'obscurité ou du mystère de sa naissance, elle le comble d'honneurs en leur présence :
DON MANRiQUE à Corlos, Qui veiit s'asseoir à côté des seigneurs
au conseil.
Tout beau, tout beau, Carlos! D*où vous vient cette audace? Et quel titre en ce rang a pu vous établir?
CARLOS
J'ai vu la place vide, et cru la bien remplir.