‹ Poètes du siècle de Louis XIVChapitre 90 sur 93 · PROSE DU DIX-SEPTIBIIE SIECLE · texte numérisé non relu

PROSE DU DIX-SEPTIBIIE SIECLE

Le premier rang, si l'on regarde à l'éclat des productions, tout autant peut-être qu'à Texcellence du genre, appartient aux compositions oratoires.

L'éloquence se dérobe encore sous les voiles brodés de la rhétorique dans les sermons de Senault et dans les discours dç Lemaitre ; mais elle s'en débarrasse dans les plaidoyers de Patru, célèbre en son temps comme puriste, et plus recommandable, nous le croyons, pour avoir ramené l'éloquence judiciaire aux conditions du bon sens et du bon goût. Elle est pompeuse par moments, mais ferme toutefois, solide et persuasive dans les beaux discours consacrés par Pélisson à la défense du surintendant Fouquet. Elle atteint à toute la dignité de sa nature et de son objet dans la prédication, incomparable à tant d'égards, du jésuite Bourdaloue. Bossuet, dans, ses oraisons funèbres et dans ses meilleurs sermons, y ajoute la rapidité, l'élan, la liberté des mouvements, l'audace des images, les richesses d'une poésie toute biblique. Fléchier, rhéteur accompli, toujours disert, souvent éloquent, cultive et perfectionne, en l'appliquante de plus dignes sujets, l'art du style périodique inventé par Balzac, chez qui, trop habituellement, les belles paroles sonnent creux. Il ne faut pas oublier le Père Cheminais, jésuite, remarquable par Tonotion et la douceur ; ni parmi les prédicateurs protestants, Claude et Du Bosc : Claude, grand controversiste d'abord, et en second lieu bon orateur; Du Bosc, le premier grand orateur de la chaire réformée.

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