LA MER
Voici un vrai livre, un de ceux qui défient le temps. Nous savions tous, et depuis la Chanson des Gueux^ qu'il y avait dans Richepin l'étoffe d'un puissant poète. Chacune de ses œuvres affirmait, par quelque endroit, sa supériorité. Même après ses écrits les plus hardis et les plus lumineux, la 3Ier sera une révélation.
Le sujet, on croit le connaître, et Ton se dit : « Qu'a-t-il de si nouveau? Michelet Ta traité et, en y appuyant sa griffe, le vieux prosateur passionné en a pris possession ». Ce n'est pas la mer de Michelet que Richepin pouvait chanter, car ce n'est pas la même mer qu'il a connue.
Pour l'étudier, pour la décrire, le frileux, le nerveux historien demeura blotti quelques mois dans une petite anse de l'estuaire de Gironde, C'est à Saint-Georg-es, sur rivière de Garonne,