‹ Poètes et mélodes [microform]Chapitre 20 sur 73 · III. — LE RYTHME lAMBIQUE DANS LA PARTUÉME · texte numérisé non relu

III. — LE RYTHME lAMBIQUE DANS LA PARTUÉME

DE MlhlIODIUS

I/iambe avait régné jadis dans la poésie dramatique ; ce pied fait riour Vaction, d'un agencement facile et presque spontané, s'imposait, pour ainsi dire, dans le dialogue. C'était ])ien le produit le plus vivace de l'ancienne prosodie. Il survécut en eftet à tous les autres mètres, mais dans sa lutte pour l'existence, il eut à subir plus d'une transformation.

Que la tragédie du Christ pat ioit 'à\\\^^vÙQ\\\\Q à Grégoiie ou à tout autre poète chrétien, il est nécessaire d'y signaler une lacune Ibrt caractéristique. L'auteur anonyme peut bien imiter la trame du dialogue tragique, mais il n'ose s'aventurer à composer des chœurs. Les compagnes de Marie forment réellement un chœur de vierges, mais un chœur qui ne chante pas. qui ne parle qu'en trimétres iambiques, comme les autres personnages. Point

de commos, i^oini de monodie pour ces douleurs ineffables du Calvaire. La tragédie antique, en ce qui concerne les idées, les sentiments, et même le dialecte, était-elle plus inaccessible à l'imitation ou au plagiat dans ses parties lyriques que dans le simple dialogue? Nous ne le croyons pas. C'est l'ignorance des rythmes doriens qui fait reculer l'imitateur. Ces strophes d'Euripide sont devenues des énigmes prosodiques. Désormais, s'il est encore permis au chœur de pleurer et de gémir, au moins qu'il se plaigne sans musique et comme le commun des mortels.

Le cardinal Pitra avait remarqué dans le Cantique des Vierges la prédominance de Piambe. M. Christ alla plus loin et assura que les strophes de Thècle se composaient de quatre vers iambiques et d'une clausule. Malheureusement cette observation toute théorique est accompagnée de la série des exceptions et licences que le poète s'est permises. Non seulement il résout les longues en deux brèves et réciproquement, mais plus d'une fois il néglige la règle de position, il allonge les brèves par nature, il abrège les diphtongues, sans chercher même dans l'accent tonique une excuse à ces étranges libertés. Les vers sont des septénaires acatalectiques de quatorze syllabes, mais il en est avec une, deux et même trois syllabes de surcharge. La clausule est une tétrapodie octosyllabique, mais on la trouve deux fois réduite de tout un pied. Enfin la césure est irrégulière et peu d'accord avec le sens.

Outre ces exceptions, trop nombreuses sans doute pour confirmer la règle, l'éditeur se voit obligé

encore de suppléer certains mots et d*en retrancher certains autres, pour donner aux stroplies les moins rebelles une légère apparence de soumission. Il se plaint de n'avoir pas trouvé grand secours dans le texte d'Alb. lahn qu'il adopte pour base^, et les leçons nouvelles qu'il y introduit ne sont inspirées que par les exigences du rythme.

Or, nous le demandons à M. Christ, bien meilleur juge que nous : ces règles^ auxquelles il faut faire tant de sacrifices, sont-elles bien authentiques ? Ces derniersmots do VFjJhum)! ion, \ingi-cinq fois répétés : Nu[jL9'£, jTravTavw coi, nous paraissent absolument irréductibles à riambe proprementdit ; si Ton admet une forme logaédique dans le refrain, peut-on, a priori, la bannir des strophes ? Et si l'on rapporte Nuix^te au vers précédent, pour le faire jouir des libertés de la finale, que devient le septénaire et que devient l'octosyllabe (1)?

(1) Nous usons de nouveau des bicnveiHantcs communications do M. Louis Ilavet : « Chaque strophe du ::apÔ£V'.sv de Méthodius se compose de trois heptapodics et d'une tétrapodie iambiques. Chaque heptapodie a une coupe placée de telle sorte que le prc^mier hémistiche contienne quatre temps forts et le second hémistiche trois seulement. Cette coupe se place indifféremment avant et après le temps faible du cinquième pied. Le refrain est lui-même composé d'une heptapodie et d'une tétrapodie, au^^mentées toutes deux d'un demi-pied faible. » Quant aux détails du texte, M. Havet reconnait d'abord que l'hiatus est fréquent et que la prosodie des voyelles est souvent fautive. Ses corrections peuvent se résumer comme il suit :

l^trophe A. — Les iambcs pairs étant presque toujours purs et le poète ornant son grec de dorismes, il faut écrire :"Ava)Oa, -apOivct, au lieu de "avtoOsv, et insérer dans la tétrapodie finale le mot IxoXîiv qui surcharge le troisième vers*

La strophe A a perdu un pied à la seconde heptapodie : M. Christ

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