‹ Poètes et mélodes [microform]Chapitre 33 sur 73 · XI, 1-S · texte numérisé non relu

XI, 1-S

favorable et miséricordieux (1). » — « Au milieu des abeilles bourdonnantes, parmi leurs plus purs rayons, laissez-moi recueillir le miel, saints prophètes du Seigneur (2). » Ce sont là des effusions tout à fait intimes et qui ne représentent pas les sentiments d'une multitude en prière.

S. Sophrone semble avoir composé ses œuvres poétiques avant son épiscopat ; les premières au monastère de S. ïhéodose, où il passa quelques années de sa jeunesse, les autres pendant son séjour en Syrie et en Egypte. On peut rapporter à la première époque les odes i-xiii, relatives aux Mystères et aux letes de PÉglise, et l'ode xvii consacrée à l'éloge de Narsès, évéque d'Ascalon. Les deux poèmes xix et xx, où S. Sophrone tait en esprit son pèlerinage aux saints lieux, ont été composés sans doute, tandis qu'il s'acheminait vers Antioche avec Jean Moschus. D'autres, comme l'ode xvi, où il célébrait les Martyrs Égyptiens, et l'ode xxi, en l'honneur de Menas qu'il appelle son aïeul (3), appartiennent à son séjour à Alexandrie. Les odes xiv et xvui portent leur date dans leur titre même. Ce sont des œuvres de circonstance : la première, que nous avons perdue, était une sone d'élégie sur la prise de Jérusalem par les Perses ; la seconde chante la victoire d'Héraclius et le retour triomphal de la vraie Croix, vers 028. Cette dernière date coïncide avec

(1) XII, 107-lOS.

{2) xiii, 1-1.

(3) La question (rauthciiticitô pour toutes les œuvres publiées sous le nom de S. Sophrone n"a pas encore été discutée à fond. Il y a surtout des ditficultés pour les odes xix et xxi.

rapparitloii du Monothôlismc, qui dcvnit attirer sur des questions d'un ordre tout différent l'attention du poôto.

La prosodie classiciue a fait son temps et donné la mesure de ses forces. Apollinaire, Nonnos, Grégoire le Théologien, Synésius ont versifié les psaumes, commenté en hexamètres les récits évangéliques, adapté aux lîTandes pensées chrétiennes les formes lyriques de l'ancienne poésie. Sophrone do Damas vient en dernier lieu et compose des odes véritables d'un style pur, facile, et qui convient admirablement à la prière. Rien de tout cela no pénètre dans la tradition liturgique. Et cependant, à cette même époque, Thymnographie chrétienne chante, à haute voix et en chœur, sur tous les points du monde : elle chante son Dieu, son Christ et ses Martyrs. Elle chante, mais un cantique nouveau, nouveau par son objet et par son esprit, nouveau aussi par ses formes extérieures et par le rythme simple et populaire que lui avaient préparé les siècles.

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