TONS DES BYZANTINS
Mixolydien
de l'hypate des hypates à la paraiiièse.
3^ plagal
Lydien
de la parhypatc des hypates à la tri te dès disjointes
2" plagal
Phrygien
de l'indicatrice des hypates à la paranète des disjointes.
!*»■ plagal
Dorien
de l'hvpate des moyennes à la nètë des disjointes.
4^ ton
Hypolydien
de la parhypate des moyennes à la trite des hyporholeonnes.
3'^ ton
Hypophrygien
deTindicatr. des moyennes à la paranète des hypêrboloenncs
2° ton
Hypodorien )
de la mèsc à la note des hyperboléenncs.
du proslambanomène îi la mèse
i'' ton 4° plagal
On connaît le caractère éthique attribue par les anciens à leurs modes musicaux. Le Dorien était le mode hellénique par excellence : grave et sévère, il était propre à produire une disposition d'âme, forte, virile et réfléchie ; de là ces expressions de Platon
et d'Aristote : £Î$o; àvopErov, cs^jiv^^ \xz-;x\zr.^ir.iz , z'3.z\\i.(ù'
TiTov. Le mode Phrygien, originaire d'Asie, était bruyant, enthousiaste, orgiastique, evOojcnasTiy.cv y.al èpviaattxcv ; il convenait surtout, dit Proclus, aux cérémonies sacrées, ci; Upà xa: èvOsajtxoj; ; au témoignage d'Aristoxène, Sophocle fut le premier qui s'en servit pour des œuvres profanes, ci; Ta iota a-[i.aTa. Le mode Lydien, venu, comme le Phrygien, d'Asie Mineure, fut proscrit par Platon comme mou et efféminé, [xaXaxcv xal y^aXapiv. Aristote prit sa défense et jugea l'harmonie lydienne plus propre que toute autre à l'éducation musicale de la jeunesse. Le
Mixohjdien ou hyperdorien était attribué à Sapho et destiné aux chants plaintifs d'un caractère sentimental et douloureux , -aôr.T-y.bv y.al Gp^wh;. Enfin
les modes hypodorien et hypophrygien n'étaient jamais employés dans la poésie des chœurs. Tous deux participaient au caractère des modes principaux correspondants, avec une nuance moins lyrique et plus dramatique: c'étaient, comme dit Aristote, des harmonies faites pour l'action (1).
Ainsi la musique était soumise à une discipline morale. Simple interprète de la poésie, elle en marquait et précisait les intentions, elle en faisait ressortir les plus légers mouvements, et chaque mode avait en quelque sorte son devoir à remplir dans Pœuvre d'ensemble.
Les Byzantins voulurent, à l'imitation des anciens Grecs, appliquer Tr^Oc; à leurs systèmes musicaux. Dans VOctoéchos, attribué càS. Jean Damascène, à la suite des cathismata et des eanons propres à chaque ton, authentique ou plagal, on trouve un sixtain iambique à l'éloge du ton lui-même (2). Cesépiihètes représentent à leur tour une tradition commune à l'Orient et à l'Occident. En effet les théoriciens latins du moyen-age emploient., pour caractériser leurs modes, des expressions semblables aux caractéristiques byzantines (3).
(1) Platon, Lâches p. 188; Ansiote, Polit. YUl.D-l.Probl. XIX, 48 ; Proclus ; Schol. sur la Rrp. de Platon, p. 309 ; Austoiène, Vie de Sophocle; Plutarque, f^e Musica, xvi, deaud.poct. xv. CL \V. Christ, Metrik, p. Ù^Z-i^^i ; Otfr. Millier. Litt , Gr. T. II, p. 53-55.
(2) Octocchos, éd. Ven. 1882, p. 3?, 50, 69, 89, 110, 132, 152, 173. Cf. Christ;^/?//?., p. CXXII.
(3) Gard. Pitra, Aiuxl. I. p. LXX.