‹ Poètes et mélodes [microform]Chapitre 45 sur 73 · TONS DES BYZANTINS · texte numérisé non relu

TONS DES BYZANTINS

Mixolydien

de l'hypate des hypates à la paraiiièse.

3^ plagal

Lydien

de la parhypatc des hypates à la tri te dès disjointes

2" plagal

Phrygien

de l'indicatrice des hypates à la paranète des disjointes.

!*»■ plagal

Dorien

de l'hvpate des moyennes à la nètë des disjointes.

4^ ton

Hypolydien

de la parhypate des moyennes à la trite des hyporholeonnes.

3'^ ton

Hypophrygien

deTindicatr. des moyennes à la paranète des hypêrboloenncs

2° ton

Hypodorien )

de la mèsc à la note des hyperboléenncs.

du proslambanomène îi la mèse

i'' ton 4° plagal

On connaît le caractère éthique attribue par les anciens à leurs modes musicaux. Le Dorien était le mode hellénique par excellence : grave et sévère, il était propre à produire une disposition d'âme, forte, virile et réfléchie ; de là ces expressions de Platon

et d'Aristote : £Î$o; àvopErov, cs^jiv^^ \xz-;x\zr.^ir.iz , z'3.z\\i.(ù'

TiTov. Le mode Phrygien, originaire d'Asie, était bruyant, enthousiaste, orgiastique, evOojcnasTiy.cv y.al èpviaattxcv ; il convenait surtout, dit Proclus, aux cérémonies sacrées, ci; Upà xa: èvOsajtxoj; ; au témoignage d'Aristoxène, Sophocle fut le premier qui s'en servit pour des œuvres profanes, ci; Ta iota a-[i.aTa. Le mode Lydien, venu, comme le Phrygien, d'Asie Mineure, fut proscrit par Platon comme mou et efféminé, [xaXaxcv xal y^aXapiv. Aristote prit sa défense et jugea l'harmonie lydienne plus propre que toute autre à l'éducation musicale de la jeunesse. Le

Mixohjdien ou hyperdorien était attribué à Sapho et destiné aux chants plaintifs d'un caractère sentimental et douloureux , -aôr.T-y.bv y.al Gp^wh;. Enfin

les modes hypodorien et hypophrygien n'étaient jamais employés dans la poésie des chœurs. Tous deux participaient au caractère des modes principaux correspondants, avec une nuance moins lyrique et plus dramatique: c'étaient, comme dit Aristote, des harmonies faites pour l'action (1).

Ainsi la musique était soumise à une discipline morale. Simple interprète de la poésie, elle en marquait et précisait les intentions, elle en faisait ressortir les plus légers mouvements, et chaque mode avait en quelque sorte son devoir à remplir dans Pœuvre d'ensemble.

Les Byzantins voulurent, à l'imitation des anciens Grecs, appliquer Tr^Oc; à leurs systèmes musicaux. Dans VOctoéchos, attribué càS. Jean Damascène, à la suite des cathismata et des eanons propres à chaque ton, authentique ou plagal, on trouve un sixtain iambique à l'éloge du ton lui-même (2). Cesépiihètes représentent à leur tour une tradition commune à l'Orient et à l'Occident. En effet les théoriciens latins du moyen-age emploient., pour caractériser leurs modes, des expressions semblables aux caractéristiques byzantines (3).

(1) Platon, Lâches p. 188; Ansiote, Polit. YUl.D-l.Probl. XIX, 48 ; Proclus ; Schol. sur la Rrp. de Platon, p. 309 ; Austoiène, Vie de Sophocle; Plutarque, f^e Musica, xvi, deaud.poct. xv. CL \V. Christ, Metrik, p. Ù^Z-i^^i ; Otfr. Millier. Litt , Gr. T. II, p. 53-55.

(2) Octocchos, éd. Ven. 1882, p. 3?, 50, 69, 89, 110, 132, 152, 173. Cf. Christ;^/?//?., p. CXXII.

(3) Gard. Pitra, Aiuxl. I. p. LXX.

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