ETHIQUE DES TONS BYZANTINS
IWctocchos tire son ôIojîo ào son rang même. Son titre est d'être le premier.
Premier ton. ' ^rptoTor, le prince des mélodies.
La tradition occidentale l'appelle tonus gravis, sans doute à cause de son assimilation au dorien.
Second ton
Troisième ton
Mî7.'yj:cv, Y).jxjTaT2v, {jcEXisTave; [xsXc;. Chez les Latnis, tonus mysticus.
Tp'Tc; ifxcjjL'!/:;, à-Acj;, àvBpiy.b; rivj. En Occident, tonus Jucundus,
Quatrième ton <! via; 7:ay;py;;.
En Occident, tonus angelicus.
i*^ ton plagal
6pr/A|):b; xai 9'.Xo'.XT(p;x(ov ayav.
Chez les Latins, tonus moestus.
l MsX'xpi;, vX-jy.-:;, TÉTT'.ç ou chant de la 2« ton plagal \ Cigale.
En Occident, tonus harrnonicus.
3^ ton plagal ou ton grave
'OTrXiTty.f^ç 5âXa*;'vo; cÎaîTsv [JléXs;, àvîpwv aj!xx. ou chant viril, comme le tr«Msième authentique.
Chez les Latins, tonus dévolus.
"Wym dçpaviç, xspwv';, w; Ir.xpym %%\ 4*' ton plagal \ tAs;.
Chez les Latins,- tonus perfectus.
Ces caractéristiques morales avaient certainement, à Torigine, une valeur réelle Les mélodies sacrées, dans l'intention de l'Église et des mélodes eux-mêmes, ne sont que l'interprétaiion sensible de la prière et de Tadoration. Point de bruit, point d'instruments qui couvrent la voix humaine, mais un chant calmo et reposé, comme le chant intérieur des âmes.
Il est bien difficile de décider si nous possédons encore la musique primitive des cantiques de S. Romanus, deS. Jean Damascène et deS Cosmas. Dans le cours des siècles qui nous séparent de ces hymnog-raphes , à la fois musiciens et poètes, la notation a souvent changé, et l'exécution est devenue déplus en plus imparfaite. Les poèmes ont survécu,mais la musique a pu disparaître, car les œuvres artisti(iues n'ont pas de plus mortelle ennemie que la routine, qui les iUtère peu-à-peu, en prétendant les respecter et on croyant les défendre.
YL — LES IDIOMÈLES
Les tropaires primitifs restèrent, pour la plupart, dans la liturgie, tantôt sous le titre d'i-cXjTfy/.a, tantôt sous le nom de stichères^ <^'7;c?â. L'étymologie de ce mot n'est pas douteuse : le stichère représente le verset de la prière de tradition, par opposition au verset, ctt-xs;, de la psalmodie scripturaire.
Plus tard, les lois rythmiques de Tisosyllabie et de rhomotonie furent appliquées à plusieurs de ces
stichères, qui se transformèrent ainsi en types ou dp'^ol de tropaires nouveaux, aTtx^îpà rpoffo;i.ota. Les autres, et ce fut le plus grand nombre, restèrent à l'état d'idmnèles, aziyr^pi ictcjjLsXa, g-ardant leur mélodie particulière, sans la prêter ù des œuvres plus récentes.
Ces idiomèles prirent, dans l'ensemble de Toffice divin, une place déterminée, et comme, d'année en année, des fêtes nouvelles s^introduisaient dans l'Église grecque, les mélodes, chargés par les évéques de ces travaux liturgiques, voulurent observer l'analogie des offices anciens et composèrent des idiomèles. comme ils composaient des xsvTixia et des canons. Ainsi nous ne nous étonnerons pas de trouver des auteurs d'idiomèles, à toutes les époques de riiymnographie.
Les idiomèles ne sont pas nécessairement monostrophiques. Souvent plusieurs tropaires se succèdent, indépendants par le rythme, mais poursuivant la même pensée et formant un seul poème. Tels sont les beaux idiomèles de la Nativité, attribués par la rubrique à S. Sophrone. A roffice do Prime {\), le premier tropairc est du quatrième ton plagal :
Bethléem, prépare-toi !
Qu'on dispose la crèche ; qu'on ouvre la grotte ;
Voici que vient la Vérité, l'ombre s'efface.
Un Dieu parait parmi les hommes, naissant d'une Vierge :
Il a revêtu notre forme mortelle, et il divinise sa nature'd'adoption.
Adam et Eve prennent une vie nouvelle, et s'écrient :
La Miséricorde a paru sur la terre pour sauver notre race.
(1) Méui^es, éd. Ven. 1880, XXV Décembre, p. 183 Cf. Pair Gr T. LXXXVn p. 4005 ; Christ, Anth, p, 96-97.
On psalmodie ensuite le verset scripturaire : Le Seigneur viendra de Thêman ; puis le rythme change, et la mélodie reprend sur le troisième ton authentique.
Maintenant l'oracle du Prophète va s'accomplir.
Quand il disait avec mystère :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
Tu n'es pas la moindre parmi les cités princières,
Toi qui prépares la jrrotte du Messie ;
C'est de toi que sortira le «;uide des nations,
Le Christ Dieu, dans la chair reçue d'une jeune Vierge
Le Pasteur du nouvel Israël devenu son peuple.
Rendons lui gloire et honneur !
Après léchant de ce verset d'Habacuc : Seigneur f ai entendu ta voix, et la récitation de la Doxologie, la mélodie revient au quatrième ton plagal :
Joseph dit à la Vierge : « Marie,
Quel est donc le mystère que je remarque en toi ?
Aux autres heures, la variété mélodique est plus grande encore, et les trois tropaires sont sur trois tons différents.
A Tierce, le premier tropaire est du second plagal, le suivant du quatrième, et le dernier du troisième authentique (1). A Sexte, le premier tropaire est du premier ton, le second du quatrième, et le dernier du premier plagal (2). A Xone, on chante d^xbord, sur le troisième plagal ou ton grave, la cruauté
(1) MMes, ibid. p. 185. Ces tropaires et les suivants ne se trouvent plus dans Christ.
d'Hérode et le deuil de Rachel, puis sur le deuxième authentique, les conversations de Marie et de Joseph ; enfin deux chœurs alternatifs chantent sur le deuxième ton i)iagal (1) :
Aujourd'hui naît d'une Vierge Celui qui tient en sa main toute
[la création ; (ter) l\ est enveloppé de langes, comme un mortel, Celui qui est
[impalpable dans son essence; 11 est couché dans une crtViie, le Dieu (jui a établi le firmament
[à l'origine des siècles ; lise nourrit d'un lait maternel. Celui qui a nourri de la manne
[son peuple au désert.
11 appelle A lui les Mages, le Fiancé de l'Église ! Il reçoit leurs présents, le Fils de la Vierge ! Nous adorons ta divinité, 6 Christ! (ter) Permets-nous de jouir, nous aussi, de ta divine Théophanie.
On voit par cet exemple que les idiomôles peuvent avoir une certaine étendue et nermettent de développer sufTisamnient un tlième i)oétique. Ils représentent, dans Thymnographie , les couplets isolés qui se rencontrent dans l'ancien lyrisme, les monodies d'Euripide, les strophes d'amplitude variable, que l'on attribue au véritable Anacréon et aux lyriques Ioniens, entin les rythmes de toute mesure et de toute forme, les i)oémes libres, -^rctr^^xTa i-oXîXu- \kiwoL des auteurs dithyrambiques de la décadence.
Ainsi le lyrisme hymno<;raphique aébute par où le lyrisme classique avait fini ; mais cette ressemblance ne résulte aucunement d'une tradition constante et ininterrompue : Tidiomèle fut la première manifestation de l'hymnographie, uniquement parce
* qu'elle en était la forme la plus simple et la plus
élémentaire.
Comme chaque idiomèle a son rythme propre et sa mélodie, la distinction des incises ne peut se faire par voie de comparaison ; il laut avoir recours à la ponctuation des manuscrits, à l'assonance, et aux correspondances toniques qui marquent les finales.