IV. — l'isosyllabie
Après avoir constaté les doux lois fondamontalos du rythme des môlodes, Visosyllablc et Vhornotonie, il nous reste à en montrer Tapplication. Dans ce but. nous formulerons d\i])()rd les règles «générales, nous mar(|uerons ensuite très-brièvement les exceptions, apparentes ou réelles, à la manière des grammairiens.
FORMULES GKNKRALES DE L ISOSYLL.VniE. — V UIl'U''
mus et les tropau-cs ont rigoarcuseiacnt, dans leur ensemble, le même nombre desi/Uabes.
Les tropaires déjà cités peuvent nous servir d^exemples et de preuves : Pliirmus "Aw^as; -pcoTs-ity;; compte 220 syllabes ; les tropaires imitatiis (juc nous avons reproduits (1), et tous les tropaires de Sergius, d'Orestes et de beaucoup d\iutres mélodes anonymes, ont exactement la même étendue svllabique.
Toutes les strophes du rythme 'H L^oy; h TiçM (2) mesurent {\o syllabes ; celles du rythme 'A^-.cv Iz-i (3) eu ont 3(] ; celles du rythme A: ^-vial zxzv. (4) seulement 19.
Le tropaire W^^^xi-r^d-r,^ (5) a une amplitude de (j(S syllabes. C'est précisément retendue de l'épode
(I)p. 208 et 209.
de la X*' pj/thique à Hippoclès de Thessalie. Nous dirons plus loin pourquoi certains tropaires imitatifs ne comptent que 65 syllabes.
2^ Les repos, qui séparent, dans la mélodie, les
membres rythmiques ou ineises de Vhirmus, se
reproduisent, au même rang syllabique, dans les iropairx's.
Nous avons distingué seulement vingt incises dansThirmusde YAcathistos, afin que notre division rythmique pût s'appliquer à tous les cas (1). Ces vingt incises ont une étendue syllabique déterminée et constante, selon iQsehema : 7, 7, 10, 9^ 9^ 11, 9; 10, 10; 13,l:V; 10,10; 14, 14; 11, 11; 11. 11; 8. L'hirmus 'H Tcoy; h Ti^o) est divisé en quatre incises syllabiques : 0, 0, 12, 11. Dans l'édition romaine du Triodion (2), la ponctuation est assez différente. On a d'abord, dans les premiers tropaires et dans la plupart des autres : 0, 0, 7, 5, 11 ; puis dans le V^ :0, 0,8, 4,11 ; dans le VIP : 0,0, 9, 3, 11; dans le XXXV 1*^ (3) : 0, 0, 0, 0, 11 ; et chacune do ces divisions se reproduit plusieurs fois dans le cantique. Mais cette variété porte seulement sur la troisième incise, que l'éditeur partage après une césure mobile, et dont nous faisons au contraire un membre unique de douze syllabes (4).
(1) Si Ton s'en tenait au seul oanticiue de Sergius et à la plupart des autres, on compterait jusqu'il 33 membres isosyllabiques, d'après ce f^rhema : 7, 7, 10, {\ 9, 3, 8, 9; 4, G, 4, 6 ; 6, 7, 6, 7 ; 9, 7, 9, ~ • ~» "i ^^ 7 ; 4, 7, 4, 7 ; 4, 7, 4, 7 ; 8.
(2) Triod., p. 710.
(3) TrioiL, p. 713.
(4) La division syllabique de l'édition romaine est d'ailleurs fon-
La strophe "Acisv hv, a quatre membres : 5, 10, 10,11; la petite strophe Al vsvsr: n'en a que trois: G, 6, 7.
Le schéma de l'hirmus '\py,xrr,\x:r^^f doit se lormu- 1er ainsi : 12, 7A), (>, 7, 8, 7, 0, 10. Nous expliquerons dans un instant le terme 7 0, relatif à la seconde incise.
FxisiONS. — Les mélodcsnc craignent point Thiatus, et nêgii^i^'ent ou observent Télision, selon que le commande le rvthmc.
S. Romanus commence un tropaire par ces incises de huit syllabes^ sans élision :
•JV Cî cV GO'. £A£J30;JLa'., V,x\ p'.'ly.^ G£ àTAô'10[J.X\.
Plus loin, dans le même tropaire, il élide les finales de àXXa, de tôte, de c-à, et même, à deux reprises, la finale de la préposition h-J. (1).
àXk' z'i [jL'.GOJGav zz.
àvO ' o)v ty;v OaXaj'av.
TOT £??v;-3t ca^iOd).
àvô ' (ov ty;v Trapésyov ayizr^v.
(lée sur la ponctuation dos niaïuisi'iit!?, ot nous on reconnaissons la haute valeur traditionnolle et niclodiquo. Mais, pour établir des formules générales, il est souvent nécessaire d'unir entre elles des incises r\ tluni(iues qui se compensent mutuellement. — Notons en passant que deux tiopaires de ce cantiiiUe, le XXII*' et le XXIII»? manquent d'un dissyllabe i\ la troisième incise, p. 712.
(1) Aiial.^i>. GO et p. 110: de même Klie : àvO"(ov ^àp Cjto);, p. 1><)1 et Triotfioit, p. 451.
CRASEs. — Les crases sont assez rares, les mélodes s'ôloignant le moins possible du langage ordinaire. Les plus fréquentes sont celles de la conjonction-/.al avec la particule av et avec les flexions du pronom i^w.
On trouve dans S. Romanus y.av ck hopx (1) y.av c'jpr,; (2) ; dans Anastase : y.av -;xp jj.vr,j;.:v£:sc.)^.£v (3) ; dans André de Crète : y.àv(o r.zz'jjiWz'^v. (4), ir-w-ov
CUV y.à;j.c' (5), y.à;xcu Ta lr/,z\ix^ y; à;j.apT:a y.a;j-:( (6).
DIÉRÈSES. — Les diphtongues subissent quelquefois, mais rarement, la diérèse pour les besoins du rvthme.
C'est ainsi que le mot -jliz se trouve sept fois trisyllabe dans le cantique de Dométius sur S. Jean- Baptiste.
'.va vîvvTj'y; j'.cv (/).
(b; Izi-T. jïc; ;j,S'j.
CTt *;£vvY;jti) jïcv (8).
Cette licence semble particulière au seul mélode Dométius. En général, les hymnographes n'emploient que les diérèses de la langue commune.
(1) Anal., p. 76.
(3) p. -245, et dans le mélode Job ou Jobios, p. 425.
(4) I^riodioti^ éd. Rom. p. 4Go : et de même : p. 442, 459, 401, 486. Cf. le mélode Etienne. .1/^/^ p. 328.
(5) i». 477 ; cf. p. 441, 446, 451>, 480.
(6) p. 465 ; cf. p. 446, 459, 465, 481. 490.
Ç)A>inf.., p. 322, lignes 0 et 30. C\\ la note de l'éditeur.
(8) p. 323, lignes 18, 27, 2S : p. 325, ligne 11 : p. 327, 1. 6, - Il
EFFACEMENT DES SYLLABES ATONES. — LeS CXCCp-
tions aux lois de Tisosyllabie sont rares chez les anciens niélodes, plus fréquentes dans les canons. Toutes sYwpliquent par la prononciation rapide de certaines désinences atones. Les syllabes n ayant pour toute valeur rytliniique que celle que leur donnait la voix dans Tusage populaire, la pénultième des mots proparoxytons et la finale des paroxytons et des périspomènes tendaient à s^effacer, comme dans les langues néo-latines.
P Les enclitiques dissyllabes et plus généralement les mots faiblement accentués subissent quelquefois Taphérèse de leur premicM-e syllabe. Dans la seconde incise de riiirmus '\p:xx-r;Kx'r,v^ le mot zz-i est quelquefois interprété comme monosyllabique. On aura donc, dans les tropaires imitatifs, tantôt un membre de sept syllabes :
INCISE DE L'IURMUS (1) 'îpx'Z^p^;zjzx zzii.
Incises correspondantes ! 'V^ Ta-stvVjv ;jl:j 6uxy;v.
j àvTtAYj'i/'.v y.paTatav.
TIléodore Lucas ('2) [ ,à ixc^aXela Ta ai.
faut prendre garde de compter comme (iicTÔses les rencontres de deux voyelles, qui ont l'habitude de former diphton^^ue, mais nui appartiennent réellement, dans l'état du mot, à doux syllabes dilferentes. Ainsi Ronumus parle de l'homme pécheur, pnvé <le son
^'"it; /"'"'t'"''"''^^^^ '»^''"^« finance de mots, se
(1) U. p. .68. Nous rétablissons raccentuation selon la mélodie sans tenir compte de 1'....^/.., alin de faire ressortir l'homotoniè des mcises parallèles.
Vulif^'Tl"'^: '^'^''* ^'- '''• ^' "^^^^^^ ^ ^'^'^'''^ uniformément Iheptasyllabe dans les quatre tropaires.
tantôt, et le plus ordinairement, en interprétant l'incise de riiirmus comme un hexasyllabe :
INCISE DE L'HIRMUS :
Incises correspondantes [ '^/^ y.'^(or.T* '^.z'j.
Ivjp'Cj , ITp::p:;jL£.
de Taraise (1)
£TC'.;j.a,c;j.£vsç.
Incises correspondantes \ "^ '■»« -avriYjpi;. de M. Pselhts (2)
^.toov ay.cpsTTCv.
Un certain nombre de substantifs dissvllabes et accentués sur la finale se comportent comme les enclitiques et les particules. Dans le Canon pascal de S. Jean Damascéne (:]), le mot \xzi est traité comme un monosyllabe sans accent.
INCISE DE l'hikMUS .* Aa;j.T:pjvÔw[JL£v, Xact.
Incises \ V' tropaire : y.x\ z^lz^xtOx, corresp. \ -2' tropaire : sù^ptvhOcoTav.
INIais dans les canons similaires de Théodore Studite (1) et de Nicéphore Calliste (5), le mot \xzi a repris sa valeur dissyllabique, et Tincise compte six
(1) M<',i<rs. Mai xxv, p. S'.>.
(2) Canon .satiri'jfic rontre le moiue Jornh^ dans la BibUoth. de Const. Sathas, T. IV, p. 177.
(3) Christ, An th., p. 218.
(4) Trioff., éd. Rom., p. 353.
{:^)Pcntecost., éd. Ath., i» 24.
syllabes. Réciproquement, dans rhirmus du cantique des apôtres de S. Romanus (1), la troisième incise est : xai TrXyjpwcra; aj-ri. Dans un cantique similaire, que l'acrostiche attribue à S. Cosmas (2), on trouve au cinquième tropaire, l'incise correspondante jJi.axap{j(0[jL£v Xasi.
Le mot çwTc; subit également l'aphérèse de la première syllabe dans l'incise xai Tp-.îv.tcj çcotc; (3), qui correspond à cet hexasyllabe de riiirmus du cantique de la Nativité z^h £-tT:;xY;j£v.
De même vscov (4), va£v (5), ce même mot ufi; (0) ailleurs trisyllabe, et un bon nombre d'autres iambes toniques peuvent être syncopées, surtout à la fin des incises.
2«> Parmi les dissyllabes qui tendent ainsi au monosyllabisme, il tant remarquer une catégorie de mots d'un usage très- fréquent. Ces mots, précisément les plus saints de la langue hymnologique, s'écrivaient probablement en abrégé, et subissaient à la prononciation une véritable syncope. C'est pourquoi ils pouvaient afTecter, dans les cantiques, soit leur valeur syllabique normale, soit la valeur moindre que leur donnait la contraction d'usage. Ainsi les mots Qiiz, "Llù-^t^^, XpuTc;, ZTrjpéç, devenaient, par aphérèse de la voyelle non accentuée, des monosyllabes rythmiques.
(1) .4;?^/., p. 170; Christ, Anth., p. 131.
(2) Anal., p. lxiii, Cf. p. 527.
(3) Anal., p. lvi et Lvii.
(4) Anal., ibid.
(5) Anal,, p. 593.
(0) Anal., p. LXli.
£7(0 w(i 5X Sj wT^^W, (.) iSjAî kHZj (1).
: ^izi z l:lz'jz ^'vcoj'.v zzzixz (2).
Tcô il(OTY;c'. y;;j,(Tjv (3).
à:£/vçcl àvj'jAV£rv tcI»; x^'iz'jç Xc'.jtcj (4).
y,x^zzj Zlômzxz t:j -Tajscj ;j.£ (5).
.*> Le dactyle tonique T^Opiùzz; est quelquefois compté comme trochée, par TetTacement de la pénultième ; l'incise suivante n\a que neuf syllabes :
7£va;j.£v:; àvOp(07:c; z'. ' 'j\xxz {6).
Il en est de même du dactyle -/.jp-.:; (7), de Taml)hibraque 7££vvy;; (8), de ranai)esteTjpav:v (9). On a signalé encore des syncopes du même genre dans les mots £jAa;j.-'a (10), r.ruôOv; (11) ; mais nous aimons mieux attribuer ces fautes contre Tisosvllabie à des copistes maladroits. La syncope semble plus probable dans (luelques noms propres, tels que T4paijx(12), '!:?:% (13). ^
(1) Le mélodi^ Élic, caiiti(iue au Prophète son homonyme, Anal,
(2) Orestcs, cant. de S. Pantélôémon, Anal., p. 208. Cf. Domitius, p. 324, et anonymes, p. .">87 et 620.
(3) Anal , p. 601.
(4) Anal., p. 583. CL p. 636.
(5) A)ial., p. 473. Cf. la note. Le manuscrit porte tsj zzj.
(6) Anal., p. 670.
G) Théodore Studite, Anal., p. 345, note.
(8) Anal., p. 501.
(9) Anal., p. 655.
(10).4»fir^. p. 650.
(ll)^/k/^, p. 670.
(12) Théodore Studito, Anal., p. 340.
(13) Anal., p. 595.
4" Les mots composés sont traités comme les primitifs : (")£c^ip£,Xp'.jT2ç;fp£ soii't acceptés parles mélodes comme des trisyllabes. Les correspondances montrent que rincise llvcôv-'a:, Mipv.t(:)zzzipi ne compte que neuf syllabes (\)\VEpJnjm)noHi\ s"christoplie : \y.z'z- T-?-' X^'-f--;, à~Y;p àc'çwTî (2) , n'en a que onze. Le mot Xp'.sTiavc; est deux lois trisyllabe dans un cantique anonyme à S. Georges (3), et le card. Pitra accepte la synalèplie plus hardie encore de ivOcto—fa; qui s'écrivait et se prononçait hixz (1).
Les exceptions ({ue nous venons de signaler se rencontrent, soit au commencement, soit à la lin, soit dans le corps des incises. Ce ne sont, d'ailleurs, que des infractions apparentes à la loi deTisosyllabie, puisque les syllabes qui s'ellaçaient dans le rythme, s'effaçaient aussi dans la prononciation et même dans récriture. Nous examinerons plus loin le cas des incises hypermôtres.
Y. — I/UOMOTAXIE
Observons d'abord (pie Vacccnt aigu a, pour les mélodes, la même valeur tonique que le eireonfJexe^ et réeiproquement ,
En effet, la distinction de Paigu et du circonflexe résultait de la distinction des brevets et des longues. Pouvait-on continuer de faire une différence entre B(op:v et ccôpsv, entre y.Yj-sçety.Y;^:;, (|uand on n'eu
(1) Arsj'nie, cantique ù S, Maiv, Aiud.^ p. 318.
(2) A)Hii.. p. cm.
(4) Anal., p. lxii^ lxv et xcii.
faisait plus entre Voraiej^on et Vôméga, entre Viota bref et les voyelles longues ou les diphtongues sujettes A Piotacisme ? « Aussi, dit M. Stevenson (1), les copistes ne se sont-ils pas gvnés de remplacer fréquemment dans les mots propérispomenes le circonflexe par l'aigu, et s'ils écrivent le premier, c'est la plupart du temps par un reste de tradition, dont ils ne saisissent plus la portée. »
FORMULE GÉNÉRALE DE L'HOMOTONIE. — La loi de
rhomotonie peut s'énoncer sous cette formule :
Les tropaires reproduisent tous les aecents rgthmiques de rhi}')nus^ au même rang sj/llabique.
Cette loi est surtout rigoureuse à la fin des incises, qui sont les points saillants de la mélodie, mais elle s'étend au tropaire tout entier et s'applique à tous les accents que nous avons appelés rythmiques, par opposition à d'autres accents purement orthographiques, qui n'ont aucune valeur dans le rythme* Par exemple la première incise de l'hirmus 3:y;0:; y.at ay.E-aTTY;; d'André de Crète (2) a deiLx accents rythmiques : l'un sur la troisième, l'autre sur la septième syllabe, et ces deux accents se retrouvent dans tous les tropaires. Au contraire, l'accent de y-al n'est qu'orthographique.
La première question qui se présente est donc celle-ci : comment distinguer dans l'hirmus les accents rythmiques des accents de simple ortho-
{\) Dh é'j/thmc dans r/n/Nmof/r. p. 31. ci. Toussaint Coupitoris, Utp\ TSJ puO;j.:j £v ■:f^ 'Vj^vc/c aç^ta , Bulletin ne Correspondance heUenif/Ke, mai-juin. 1S78. p. 375.
(2) Triod. Ed, Ro,n p. 4ù3. Tlirist, Anth. p, 147.
graphe? Cette question toute pratique est subordonnée à d'antres questions plusorôiiêrales : quelle est la nature du pied tonique? quelles sont les causes qui modifient son amplitude? quelles sont ses variétés?
LE PIED T0Nik>rE. — Daus l'ancienne quantité métrique, les syllabes, à Tétat incomplcxe, avaient déjà leur valeur déterminée, indépendante du mot et du sens. Dans la nouvelle prosodie, les syllabes isolées ne sont rien : elles ne deviennent quelque chose dans le mot que sous rmlluenco de Taccent. Il résulte de là que le véritable pied tonique est le mot lui-même, dont la f/irsis ou la base est la svllabe accentuée, et dont Varsis est composée de toutes les syllabes atones. Uarsls peut précéder ou suivre la syllabe tonique, ou encore se dédoubler, pour Tenvelopper de toutes parts. Si nous adoptons les termes de la nomenclature classique, nous aurons les variétés suivantes (1) :
Pieds oxvfons
Paroxvlons
l'iambo tonique, x^r^ ( • • )
rîuuiposte, Xcyis|a:1; (• • î )
le pêon (Hiatrionie, T'iJir^Ti*/:'; (...!)
lepyrriehio-aïuipeste, âHa-:jTa)v£fç(. . . . î)
le troeliée tonique, ^îaO:; ( ! . ) l'amphibraque, ttîîcvtc; ( • î • ) le péon troisième, vîCupY--'^' (••••) lepyiTiohio-amphibraque, C'.y.a'.c'jvr^; (
(1) Dans les pa«:os (jui vont s\iivro, nous désip^ncrons par des points (.) les s\ llal)os atones, par le point d'exclamation (!) la syllabe tonique, par les deux points (:) la syllabe alïectêe de l'accent secondaire.
V le dactyle tonique, ol-;^;ù^o; (! • .) rroparox}tons } le péon second, pxsTilIcvTa (. ! . .) / le mésomacre, ^jraviJaTCv (. . ! . .)
Les mélodes ont toujours recherché les correspondances isosyliabiques et homotoniques d'un mot à l'autre. C'est ainsi que, dans le premier tropaire de VAcathistos (1), nous rencontrons les trochées toniques correspondants : G-^/cç, jiiOcç : les iambes : /api, ipi ; les am})hibraques : vA\x[rli'., bj.ti'!fV.^ j-âp/îi;, ^aj- Ta^Ei; ; les anapestes : \z\".z\j.zU, cçOaAiJ.:-; : les péons troisièmes : vssjpvE-Tat, ^^zizzj?\'ii'x', ; les mésomacres : hzx^i^x-z^, cjs8£wcr,T:v. Si nous comptions les correspondances de ce genre dans VAcathistos tout entier^ nous dépasserions de beaucoup la centaine.
Toutetbis, cette symétrie minutieuse n'était pas toujours possible. Elle faisait l'ornement et le luxe des rythmes toniques, mais elle iVcn était pas la condition nécessaire et constante. Comme la règle de l'isosyllabie s'appliquait seulement aux incises^ et non aux mots, les pieds toniques pouvaient enjamber librement d'un mot à l'autre, pourvu que, toute compensation taite, on retrouvât à la un de l'incise le même nombre de syllabes et les mêmes accents. Dans les deux tropaires de VAcathistos de Sergius cités pltis haut (2), nous avons les correspondances suivantes :
r àpà â/.Aîî'vî». z
(2) P. 208 et 200,
On ne pouvait pas non plus uvger Thomotonie au point (le réclamer le retour régulier de Taccent^soit des articles, soit de diverses particules monosyllabiques. C'est pourquoi nous aurons encore :
Tr<; Eoa; r^ AjTpws'.; = auTCJ tc y.î^aAa'.cv.
y.a» ût77£X(ov cçOaXtxsl; = raOY;;j.xT(ov tsj; ^psToO;.
apcr^Tw; ^'^vm^zT-ZJ.,
Ces régies élémentaires peuvent suffire dans la plupart des cas. Les correspondances homotoniques, qui exigent riiypotlièse des accents secondaires, sont relativement rares, surtout dans les grands cantiques de S. Romanus.
ACCENTS SECONDAIRES. — Xous avous cxpliqué 0), dans un chapitre précédent, comment le dactyle tonique, à la tin des incises, recevait un accent secondaire sur la tinale et prenait toniquement la valeur d'un crétique : par exemple, le groui)e de mots '^.(ùf^z Yi;ji.(T)v, dans le cantique funèbre d'Anastase (2), correspond très-exactement, pour la prononciation et pour la mélodie, au mot unique de riiirmus
àôivaTc;.
Faut-il étendre cette théorie de Taccent secondaire à d'autres pieds qu'au dactyle tonique, par
(1) p. 204 et 205.
(2) AnaLf p. 24*0, tiopairo xxviii.
exemple à Tanapeste et au péon quatrième? En d'autres termes, Taccent secondaire peut-il précéder Taccent principal, comme il peut le suivre? C'est la doctrine énoncée par M. Stevenson, un des hommes les plus compétents en cette matière (1).
« Dans les tropaires d'une ode, on rencontre fréquemment des polysyllabes oxytons, tels que ziùv.z- \xiz, Tazc'.v::, tandis que les mots correspondants de Thirmus, comme OâvaTor, rSKz\kzz sont proparoxytons. Il semble conséquemment qu'il y ait ici une double violation des rythmes toniques. Les premiers en efîet ont l'accent sur la syllabe finale et ne l'ont point sur la première ; les seconds au contraire le présentent sur la première, tandis que dans la troisième il lait défaut. Mais cette anomalie n'est qu'apparente : elle n'existe que pour les yeux. Le polysyllabe oxyton a aussi bien Taccent sur l'antépénultièmo que sur la dernière, quoique cet accent ne soit pas exprimé dans l'écriture : et par contre, le proparoxyton a aussi l'accent sur la dernière, quoiqu'il ne soit convenu de le marquer que sur l'antépénultième. Si l'on voulait indiquer ce double ton par les signes en usage, on aurait dans le premier cas : zM-\z\).iz, 'xzv.^Kz, et dans le second : OivaTc; TShi\iiz. Il devient donc évident que dans des cas de ce genre, il n'y a pas de violation du rythme tonique. »
Il nous semble remarquer ici une exagération : que les proparoxytons soient en même temps oxytons, à l'oreille des mélodes et de tous les byzantins, nous
(i) Du rythine dans Vltymnographie, p. 38.