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le croyons volontiers ; c'est cet accent final omis dans récriture, mais sensible à la prononciation qui a conservé au grec moderne toutes ses désinences verbales, ce riche trésor de flexions que la barytonie lui aurait fait perdre. Mais nous n'acceptons pas la réciproque, et nous ne pouvons croire qu9 les oxytons aient jamais été prononcés par les Byzantins comme des proparoxytons. Aussi longtemps que les langues se forment, Taccent peut se rapprocher ou s'éloigner du radical, mais il n'en est plus de même quand elles sont formées. Alors l'accent est stable ; et pour ce qui est de racccntgroc, à l'époque des mélodes, après avoir conquis les droits qu'il n'avait pas d'abord sur la prosodie, il régna en roi conservateur, et se tint pacifiquement sur la syllabe tonique, sans chercher à la dédoubler. Les oxytons sont d'ailleurs les plus modestes des mots d'une langue : leur accent aigu se rapproche tellement du grave que la substitution s'est faite dans l'écriture. Comment admettre que ces oxytons si humbles, si efl*acés dans l'ombre des mots suivants, aient jamais affecté sur l'antépénultième, en dépit de toute la tradition tonique, un relief qu'ils n'avaient jamais obtenu sur la finale, là où ils y avaient droit ? En tout cas faudrait-il distinguer les oxytons proprement dits çtoTiajAi;, Tavîivi;, des périspomônes çwt'.s- [JI.5U, Ta-c'.vsu. et même des oxytons à finale longue, tels que Trc'.r^-TYj;, ^xz'Xtù;, ::£çjxwç, qui ne pouvaient d'aucune manière être accentués sur l'antépénultième. Ainsi quand un oxyton correspond dans un tropaire à un proparoxyton de l'hirmus, c'est toujours ce dernier qu'il faut considérer comme ayant
deux accents, l'un sur l'antépénultième, l'autre sur la finale. De ces deux accents, l'oxyton ne reproduit que le second, et cela suflît pour sauvegarder l'homotonie.
Mais ce n'est là qu'un cas particulier d'une théorie générale. Faut-il admettre, dans la poésie tonique des Grecs, comme dans celle de notre moven à^e latin, des accents secondaires, précédant l'accent tonique à des distances déterminées ?« Il est naturel à la voix humaine, dit M. Gaston Paris (1), d'entremêler également les cu^sis et les thésis, les syllabes fortes et les syllabes faibles, les toniques et les atones, si bien que l'accent principal d'un mot étant déterminé par les lois qui lui sont propres, la voyelle qui suit ou précède immédiatement cet accent est notablement plus faible (toniquement) que la seconde en avant ou en arrière, en d'autres termes, le mouvement rythmique est naturellement binaire et non ternaire. Il en résulte qu'un mot laiin de cinq syllabes, qui a l'accent sur la troisième, aura ce que j'appelle Vaccent secondaire sur la première et la cinquième, tandis que la deuxième et la quatrième seront sensiblement plus faibles... Dans une versification fondée sur l'accent, on en vient tout naturellement à assimiler les syllabes qui ont l'accent secondaire à celles qui ont l'accent principal : on peut dire, appliquant à la rythmique des expressions qui appartiennent proprement à la métrique, que le dactyle et l'anapeste répugnent à cette versification, et qu'elle ne reconnaît, saufexcep-
(1) G. Paris, Lettre à M. Léon Gautier, Biblioth. de l'École des Chartes, T. XX VU, p. 384.
tion, que Viamhe et le trochée. » Ces formules sont sans doute fort exactes dans la versification rythmique d'Occident ; mais nous ne croyons pas qu'on puisse les appliquer aux rythmes toniques de nos mélodes. On rencontre, il est vrai, fort souvent des correspondances comme celles-ci , qui affectent le rythme binaire :
(XxATa9).£XTe = y.f<-î Tp-£^x (1).
Mais les correspondances du rythme ternaire sont au moins aussi nombreuses :
£3>tot'.s|A£VSi; = -pf^poixov îizy;; (5;. hiCkr^^vm = 'j^iùzi yipa; (O).
u7:3pu4^ûù[JL£vo; 3= Xîav OzépTijACv (7). TapaXajxgivîTa'. = Ocwp ày.pÔTCjÀo; (8).
Dans la théorie du rythme binaire, Thirmus ap;j.a. Tr.XiTr.v commencerait par deux iambes toniques : on trouve, au contraire, le dactyle au début de la plupart des iropaires :
(ï) Acathistos de la Dormition do la Vierge : Anal., p. 205.
(2) Anonyme, Anal., \^. r»13.
(3} S. André de Crète, dans VAnth. do Christ, p. 158.
(4) S. Cosnias, Canon du 2 frcricr, iOid., p. 173.
(5) S. Roraanus, Anal.^ p. 18.
(G) Le mcnio, p. 137.
(7) S. André de Crète, Anth., p. 160.
(8) S. Cosmas, Cano)i du 14 sept., ibid., p. 162.
CT£ C£ TÉy.VSV (1)
Ta:; çtOTaj^ésiv (2)
VC{JL({) TU) OîlO) (3).
jxévsç u-apyii)v (4).
vs'cv rra'.B'cv (5).
IJLsOai y,al ::5t:'. (G).
Donc, lorsque à un grand mot, à un sesqidpedale de Thirmus, correspondent plusieurs mots des tropaires, la règle de Vhomotonie n'exige que la reproduction de Vaccent unique de l'hirmus. les autres accents restant libres. Cette liberté était toute naturelle, car la mélodie étant faite sur les paroles de rhirmus, n'avait pas d'autres temps torts que ses syllabes toniques. Cependant il arrivait que dans la suite d\in même poème, le mélode voulût rester fidèle à certaines nuances mélodiques, qui dépendaient de son goût particulier.
Réciproquement, dans tel ou tel tropaire, un long mot de cinq ou six syllabes peut correspondre à plusieurs mots de rhirmus, dotés chacun de son accent; par exemple, rhirmus (7j des stichères similai^^es M 0L^;ù.i%xi porte, à la septième incise :
Cette incise ira que trois accents rythmiques, sur la P% la 5^ et la 9^ syllabes. La très-grande majorité
(1) s. Joseph rHymno<?raplie, Menées, Août, p. 3.
(2) Le même, ilnd., p. 93.
(4) Théophane, ibid.^ p. 12.
(5) Anonyme, Menées^ ^uiWet^ p. 23.
(6) M. PscUus, Canon satirique» 0)Anal., p. 222.
des tropaires les reproduisent rigoureusement tous les trois ; mais dans le li« et dans le liv« (1), le premier accent disparait.
£::ava/.>viO?iva'. twv àXc^tov.
De même, la troisième incise de l'hirmus Ta Oic- PpuTa de Théodore Studite (2) est composée de deux mots et a deux accents : Co—zp ci^^'jzzzz, mais dans les tropaires similaires (3), on ne trouve plus qu'un seul mot, accentué sur la syllabe du milieu :
Xa'jXT:p'Jvc[/.£v:;.
Ainsi, quand la longueur d'un polysyllabe, dans une strophe similaire, ne permet pas de reproduire numériquement tous les accents de l'hirmus, il suffit, pour sauvegarder V intégrité du rythme, que Vaccent tonique du polysyllabe corresponde exactement à Vun des accents f\^guliers.
Quant aux accents rythmiques qui ne sont pas reproduits dans récriture, ils se transforment en accents secondaires mélodiques, et affectent telle syllabe que désigne le rytJime sans distinction de système binaire ou ternaire. Deux incises homotoniques du cantique de la Nativité, la 2^^ et la 4^^ vont
(3) Pagefl 349, 351, 354, 571, 583, 654.
fournir des exemples à l'appui de toute cette théorie. Ces incises se correspondent entre elles et se composent également d'un dactyle tonique, d'un trochée et d'un dactyle (1) :
Yivs'.rs, BcCts, Ba)'j/.£v.
£'jpa[j.îv, BîUTî, >viPto|xev.
Si. dans un tropaire. l'incise commence par un mot de quatre ou cinq syllabes, le premier accent disparaît dans récriture et dans la prononciation ordinaire, mais il se maintient dans la mélodie, sous la forme d^m accent secondaire rejeté à trois rangs au dessus de raccent principal.
jj.aTa'.CTY;Tiov a-avTa (2).
Tpçr.T'.y.u); ty,r^p'Si^ (3).
T:po6îu)j;ow w; h^-^^kzz (4).
TTcX'jîiBés'.v àvOîî'.v (5).
Si c'est le second mot qui s'allonge et devient pentasyllabe ou hexasyllabe, le second accent se transforme à son tour en accent secondaire, pour maintenir une sorte de trochée tonique avant raccent principal.
(1) s. Romanus, AnaL, p. 1, trop. 2.
(2) P. 7, trop. 15.
(3) Dométius, p. 324, trop. 16.
(4) Dométius, p. 326, trop. 22.
(5) S. Joseph rHymnographe, p. 383, trop. 6.
des tropaires les reproduisent rigoureusement tous les trois ; mais dans le li« et dans le liv« (l), le premier accent disparait.
De même, la troisii^me incise de Thirmus Ta Occ- PpuTa de ïliôodorc Studitc (2) est composée de deux mots et a deux accents : io-r£? à^us^:;, mais dans les tropaircs similaires (3), on ne trouve plus qu^un seul mot, accentué sur la syllabe du milieu :
rXcur.wTîpx.
èy.3XajTiv:vTa.
(■•I\(»«"^ ) *. vil ï\l**
<k Jk^ i«v f\W Jj/«- V<^«;«
Xa;j.7:pjv:|i.£vc;.
0); {ir^ZXJp•.Z'^X.
Ainsi, quand la longueur d\in polysyllabe, dans une strophe similaire, ne permet pas de reproduire numériquement tous les accents de l'hirmus, il suffit, pour sauvegarder V intégrité du rythme, que Vaccent tonique du polysyllabe corresponde exactement à Vun des accents réguliers.
Quant aux accents rythmiques qui ne sont pas reproduits dans l'écriture, ils se transforment en accents secondaires mélodiques, et affectent telle syllabe que désigne le rythme sans distinction de système binaire ou ternaire. Deux incises homotoniqucsdu cantique de la Xaticité, \d2' et la 4' vont
(3) Pagos 349, 351, 354, 571, 583, 654.
fournir des exemples à Tappui de toute cette théorie. Ces incises se correspondent entre elles et se composent également d'un dactyle tonique, d'un trochée et d'un dactyle (1) :
rvs'.rî, CîJTî, iiWjj.£v.
Si. dans un tropaire. Tincise commence par un mot de quatre ou cinq syllabes, le premier accent disparait dans récriture et dans la prononciation ordinaire, mais il se maintient dans la mélodie, sous la forme d'un accent secondaire rejeté à trois rangs au dessus de l'accent principal.
|j.xTa'.STY;T(i)v aravTa (2).
T.po^T'j.yXùz èy,Y;pj;£ (3).
-rpsGîwpMv a)ç av^i'îA:; (4).
rc/vjî'.céî'.v avOîstv (5).
Si c'est le second mot qui s'allonge et devient pentasyllabe ou hexasyllabe, le second accent se transforme à son tour en accent secondaire, pour maintenir une sorte de trochée tonique avant l'accent principal.
(1) S. Romanus, Anaî.^ p. 1, trop. 2.
(2) P. 7, trop. 15.
(3) Dométius, p. 324, trop. 16.
(4) Dométius, p. 326, trop. 22.
(5) S. Joseph l'Hymnographe, p. 383, trop. 6.
Yvwarr/; y.aO'X£Tc65uaa (1).
wvrsp TrpcjjLavTcùjaTO (2).
xj^a^a zpOGzY.ùrr^zz^ (3).