‹ Poètes et mélodes [microform]Chapitre 71 sur 73 · II. — l'hymnograpiiie hérétique · texte numérisé non relu

II. — l'hymnograpiiie hérétique

Malgré nos excursions prolongées dans le domaine de Thistoire, nous avons dû laisser dans l'ombre plusieurs questions importantes.

La poésie chrétienne liturgique ne commencet-elle réellement qu'avec les mélodes ? Dans les luttes de la foi qui remplissent les premiers siècles, les sectes hérétiques n'ont-elles pas cherché à se répandre, à se populariser par la liturgie ? Si la réponse est affirmative, comme ou n'en saurait douter, quelle était la forme rythmique de ces productions hétérodoxes? quelle en fut la fécondité? comment ont-elles disparu ?

« Un vaste champ s'ouvrirait devant nous, dit à ce sujet le card. Pitra, si nous voulions comprendre en cette étude rhj'mnographie gnostique. Les débris en sont nombreux, informes, doublement mutilés parle temps et l'anathème qui pèsent sur eux. Origène nous a conservé sept strophes d'un cantique dos Ophites : dans le livre des Nazaréens, VAdaw, publié par Norberg, il y a un cantique semblable avec refrain répété, trois autres cantiques alphabétiques, trois hymnes dos Bienheureux, des Anges de splendeurs, de l'Envoyé pur, un cantique du Jourdain, des litanies, etc. Parmi les curiosités qui restent inexplorées dans les «hXc-oçcjjAEva, il y a des poèmes semblables, attribués aux Xaasséniens, un hymne de Thomas à Marianne, des chants des Valenti nions, une épfclcsfs de Marcus, etc. Déjà Clément d'Alexandrie et Tertullicn parlent au long des psaïunes de Valentin : c'est le titre qu'affectent les

poésies délirantes de la Sophia, qui a jusqu'à quinze psaumes de la Pénitence avec trois odes de Salomon, des oraisons de la Lumière, etc. A ce groupe appartiennent peut-être les dix-huit psaumes de Salomon, édités par La Cerda, et les odes que Munter nous a fait connaître. Il y a aussi des odes de Montan dans le card. Maï, un hymne hendécasyllabe des Priscilliens dans S. Augustin, un fragment de psaume d'Hiérax dans S. Épiphane. Enfin on connaît, ou par mention ou par fragments, des hymnes de Basilido, deBarbesane,d'Épiphane, d'IIarmonius , de Marcion, de Manès. Nous écartons d'autant plus rapidement cette impure hymnographie , qu'elle s'éloigne , autant par sa forme étrange que par ses grossières erreurs, des cantiques spirituels de l'Église primitive. Rien no montre mieux qu'il y avait là deux mondes différents. D'un côté, tout respire la paix, l'aménité d'un ca^ur satisfait et reposé, ému devant le ciel ouvert. De l'autre, ce sont les accents inarticulés de l'ivresse, les sons discordants de l'orgie, passons (1). »

Le disciple a passé rapidement avec le maître. Après les Gnostiques vinrent les Ariens, les Apollinaristes et sans doute aussi les Nestoriens de Syrie et les sectes Eutychiennes. Toute cette hymnographie hétérodoxe était composée d'après l'ancienne prosodie et probablement dans des rythmes anapestiques comme V hymne des enfants de Clément dWlexan-

(l)Carcl. Fitra. Ihjmnograph . del'Étjl. Gr. Rome li?(37, p, 40-41. ^ M. \V. Christ semble partager le sentiment du Card. Pitra et le nôtre, puisque parmi tant de monuments de fliymnographie gnostique, il ne cite que le seul psaume des Naasséniens : AntJi. yr, p. 3;?. Nous en avons parlé au point de vue du r\thme. p. 1?2,

drie, comme le Cantique des Naasséniens et les hymnes à Thétis et à Homère dans Philostrate (1). Ce n'est qu'à la fin du cinquième siècle que Thymnographie tonique se révèle ; et, ce qu'il y a de remarquable, elle se révèle immédiatement et strictement orthodoxe. Dans la longue liste des Mélodes, il y a peu de noms suspects, avant l'époque de Photius. Le monothélite Sergius n'est qu'une exception. Les Conciles du reste intervinrent i)lusieurs fois. Celui de Laodicée avait introduit dans la liturgie une jurisprudence sévère, et comme le dit le card. Pitra, l'anathème qui j)esait sur les œuvres hérétiques contribua certainement à les faire disparaître.

(1) Cf. p. 117.

in. — PROBLÈME HISTORIQUE RELATIF

A s. ROM ANUS

S. Romanus est le premier des Mélodes par le génie poétique. Ses œuvres représentent l'hymne liturgique, ou plutôt le drame religieux, dans sa perfection. Qu'on imagine le chrétien en prière, le moine en oraison, le Saint en extase : sous ses regards passent tour à tour les grandes figures des deux Testaments ; il voit les patriarches et les prophètes, il les entend et médite leurs paroles ; il contemple le Sauveur des hommes et sa Mère, les apôtres et les martyrs : il assiste en témoin attentif et enthousiaste à tous ces événements du passé, dont Dieu lui-même est le héros. Cette contemplation du monde surnaturel surexcite ses puissances, et son esprit aussi bien que son cœur. 11 s'épanche en adorations, en louanges, en actions de grâces. Si vous donnez à ce contemplatif, pour interpréter ce qu'il a vu et entendu, des rythmes souples, harmonieux, populaires, et, pour nourrir le feu sacré de son génie, Tincomparable auditoire des basiliques orientales ; si votre imagination peut se représenter un tel homme, non point dans Athènes, ni même à Constantinople au temps de S. Grégoire et de S.Chrysostome, mais à Byzance, dans la vraie Byzance des Byzantins, si vous le voyez monter à Tambon de Sainte -Sophie dans la nuit de Noël, après un sommeil miraculeux, et si vous entendez le prélude de son grand cantique :

II rapôivs; jYjjjLspsv TOV uTTSpoiaiov t(xt£i

x.al Yj Y^ "c^ aTTifjXaiov T(o aîrpcjÎTw 7:poaiY£t.

n'admirez pas encore, attendez la fin, laissez se dérouler la majestueuse série des vingt-cinq tropaires. Ne jugez pas même d'après un seul cantique, suivez le Mélode dans toutes les phases du cycle sacrée depuis la fête d'Etienne le premier martyr jusqu'aux solennités de Pâques, de l'Ascension et de la Pentecôte, et vous concluerez peut-être que le christianisme ne doit envier à Pantiquité aucun de ses poètes lyriques.

Ce qui étonne le plus dans la vie de S. Romanus, ce n'est pas la beauté de ses œuvres, car il est permis d'avoir du génie, même dans les siècles de fer. Ce qui nous parait souverainement étrange, c'est le silence qui s'est fait sur son nom et sur sa gloire. L'Église seule a conservé le souvenir de son existence : après avoir augmenté par ses hymnes la religion des peuples, lui-même a eu sa place sur les autels, et sa fête est célébrée le V^ octobre dans tout POrient. Mais les livres, les écoles, toutes les traditions littéraires sont muettes sur sa mémoire, tant il est vrai que l'auréole de la sainteté vaut mieux que celle du génie pour nous rendre immortels.

Non-seulement le silence de l'histoire nous prive de tous ces renseignements précieux qui font le charme de la biographie des grands hommes et surtout des poètes, mais nous manquons même

d'un témoignage précis qui permette de fixer l'époque où Romanus composait ses hymnes. L3 Méno^ loge Basillcn et le Synaxaire inséré dans son ofïîce nous apprennent seulement qu'il était Syrien d'origine, comme Sophrone et André de Crète^ qu'il naquit à Emèse sur POronte, qu'il exerça d'abord les fonctions de diacre à Béryte, au nord de la Phénicie, qu'il vint ensuite à Constantinople, sous le règne de l'empereur Anastase , et s*y attacha au clergé des Blachernes, qu'il reçut miraculeusement de la Mère de Dieu le don des Contacta, et qu'enfin après avoir composé jusqu'à mille cantiques de ce genre, il s'endormit saintement dans le Seigneur. S. Germain, Théophane, Joseph, qui prennent tour à tour la parole dans les idiomèles et les canons du V' octobre, ne sont pas plus explicites que les Ménologcs. Si encore il n'était monté qu'un seul Anastase sur le trône de Constantin, la courte notice du Synaxaire pourrait au moins fixer la question chronologique ; mais nous avons deux Anastase empereurs, l'un à la fin du v* siècle (491-518), l'autre au commencement du huitième (713-710), et l'on se demande lequel de ces deux princes fut le contemporain du Mélode. M. Christ semble se prononcer pour le second (1), et voici les considérants que

(l)«LEgrc autem ferimus, quod non accuratius definitiim est,utrum Anastasium primum, qui 491-518, an Anastasium sccundum qui 713-710 regnavit (Cette date est fautive : Anastase U fut détrôné en 710) nos intclligere oporteat. Xeque quidquam ad hanc litom diriniendam ecclesiis Constantinopolitanis iv 'zlz Kûp:j et BAayspvwv conimemoratis lucramur, quandO(iuidem utraquc jam ante Anastasium primum condita est. Verum enim vero, si (luinto sœculo poesin ecclosiasticam nascict primos surculos emittere cœpisse repu-

Ton pourrait faire valoir en faveur de cette opinion.

1. S. Romanus use volontiers de Poccasion de parler des deux volontés du Christ et de la spontanéité miséricordieuse de son sacrifice. Ces allusions au monothélisme s'expliquent difficilement au temps du premier Anastase.

2. S. Romanus emploie dans son cantique en l'honneur du patriarche Joseph (1) Phirmus "Xr^eXo^ ^pcoTo^îiiTY;; dont le texte appartient à i'hymne àxiôiGTs; de Sergius (2); dans le cantique sur la trahison de Judas (3), il fait appel à Thirmus Aa^apcv qui appartient à un certain mélodc du nom de Cyriaque (4), et dans un cantique do funérailles (5), il conforme ses tropaires à Thirmus Ajtc; {j.cv:; du mélode Anastase ((>). Il est vrai que l'époque dVVnastase et de Cyriaque ne peut être fixée avec certitude, mais il semble peu vraisemblable qu'ils aient vécu avant le sixième siècle ; d'ailleurs, et ceci parait décisif, l'hymne àxiôta-o; date du règne d'Héraclius.

3. Enfin, et c'est la seule raison que nous suggère M. Christ, l'hymnographie ne taisait que de naître à la fin du cinquième siècle : on en était encore aux idiomèles et aux tropaires isolés. Les grandes compositions de Romanus ne peuvent donc appartenir à cette époque de formation.

tarimus Romanum ma^narum odarum auctorem Anastasio secundo potius quam Anastasio primo lloruisse judicabimus. » Anth., p. LI.

(\)AnaL p. 68,

(2)IbUi. p. 250.

(3) Ibid. p. 92.

(4)/6iW. p. 284.

Ç>)Ibid, p. 44.

(6) Ibid. p. 242.

Nul ne connaît mieux la valeur très réelle de ces arguments que le cardinal Pitra, qui a, lui-même et à deux reprises, tracé, dans ses grandes lignes, l'histoire de l'hymnographie des Grecs. Cependant il a fait de Romanus le contemporain d'Anastase P^ Répondant d'abord aux partisans de l'opinion contraire, il observe que les insistances de S. Romanus sur le dogme de la volonté humaine du Christ n'impliquent nullement Tétat de lutte contre le monothélisme , mais dérivent naturellement de la théologie de l'Incarnation , telle qu^elle avait été définie par les premiers conciles. Il ajoute qu'une bonne partie des fautes contre la langue qui se rencontrent dans les cantiques de S. Romanus viennent des copistes et non du niélode ; et que les fautes authentiques, néologismes et alexandrinismes, appartenaient à la langue de l'Église dès les premiers siècles et dérivaient de la version des Se])tante (1). Pour ce qui est de Thirmus de l'ixiO'.sT:; , le seul des rythmes incriminés dont la date soit certaine, le patriarche Sergius aurait pu reproduire au septième siècle les premiers mots d'un hirmus plus ancien, déjà connu de Romanus un siècle auparavant. Ou bien encore le véritable hirmus serait le tropaire "Exsvtî; gaîiXéa de Romanus, auquel la célé-

(l) « Posteriori scntentia?, qua? cl. v. W. Christ placuit, faverent tum ea quae mox de Sergio ; tum quîedam dicta de duplici Christi voluntate fréquenter, quae tamen vidi communia esse Melodis cujuscumque œtatis ; tum nonnulla fatiscentis vitia grœcitatis : quibus non immoror, tum quia potius a librario quam a Melodo repetenda sunt ; tum quia formae alexandrin» longe ante Romanum a LXX invectae sunt, ac maxime in troparia, ab ^i:gypto oriunda, irrepsere. » A7ial. I. p. xxvii.

brité exceptionnelle de l'hymne àxaGicTo; aurait fait substituer ensuite le tropaire "A^7£}.o; TpwTOŒTaxY;; (1). Après avoir réfuté Topinion de M. Christ, le cardinal Pitra cherche à établir l'opinion contraire. Quand on parle, dit-il. de l'empereur Anastase sans autre qualiticatif, la pensée doit se reporter plutôt sur l'Anastase dont le règne fut long et mémorable, que sur son homonyme, empereur de circonstance, sans dynastie et sans gloire. En second lieu, Romanus est trop grand poète pour être attribué à une époque de pleine décadence. Dans ses hymnes, rélégance attiquo se joint à la gravité romaine; il y a dans ses personnages et dans leurs dialogues une pompe dramatique, une richesse d'expressions, une joyeuse liberté de mouvements et d'allures, que l'on ne comprendrait plus après le siècle de Justinien (2).

(1) « Quœstio oritui- an Scrgius Romano prseiverit. Ex unico illo argumcnto iiihil asscciuimiir. Nain rccentiores Sfepe ab eaclem prima vetoris hirmi dictione cxordiuutur. Sic rccentia poemata iuitium habeiit prisoi hirmi Tpivwsov. l'otuit igitur Scrgius sua inchoai'C ab his vcibis "Ay^cA:: -pWTG-irr^; ex anticiuo modulo quem et ipse Romauus aiit condidei'it, aut prie oculis habucrit. Pnjutcrea hinnorum epig;'aphe alitiuaiido miitata est. Sic l'reciueus iUe Tpâvwsov alicubi dicitur Tsj -jixewv, ex illo Pseudo- Romani cantico, uiulc in 1 die septembris annus et menaea auspicantur. Cf. p. 210, Jam vcro cum Acathistus celeberrimus evaserit, hirmus pi'imum ex Romano insciiptus : ' E/cvtî; ^^xzùdx^ post Scrgium mutari potiiit in illud : "iV;-;z\zz TpwsTCîTaTT^r. Hiosisse videturipse librarius Corsinii. qui tantum dédit : 7:pc; TO • ic^f^îAs; 7:00) ncc plura. » .l;?«Z. I. p.xxxi.

(l>) « Tarn ele^antcm poetam, inea quidcm sentcntia, minus consultum est ad sœculum usque octavum rescrvari. Floret enim in iUo ea atUci leporis cum giavitate romana consuetudo, ut Tullius ait de Pomponio, ea in personis et collaquiis scenica pompa, ea in

Vraiment nous hésitons à prendre parti. Comme le renseignement chronologique fourni par le Synaxaire, ne peut être contrôlé par aucun autre document, il est difficile de lui refuser créance. Mais si ce témoignage unique n'existait pas, ou bien si Tadage juridique test is tenus, testis mdlus pouvait S'appliquer à l'histoire, s'il nous était permis de faire librement nos hypothèses sur Tépoque de Roman us, d'après le seul examen de ses œuvres ; nous ne songerions ni au règne du premier Anastase, ni au règne du second. Entre l'hérésie monothélite et les fureurs iconoclastes, il y a une période relativement calme et sereine. C'est le temps de l'empereur Constantin Pogonat et les premières années de son fils JustinienlI. L'hymnographie dut recevoir alors du sixième concile œcuménique une puissante et salutaire impulsion. Nous nous expliquerions admirablement Romanus comme le Mélode de cette époque, et ses cantiques comme la manifestation liturgique et populaire de Torthodoxie triomphante (1). Mais nos conjectures ne

dicUonum ludis et acuminibus festivitas, ut ab sevo JusUnianeo eum recedere non existimem. Acccdit «luod in Anastasium quando sermo sine addito incurrit, cogitatur prisons, longo et nobili regno notus, potins quam posterior inglorius. Quare cum Bollandistis consentaneus, non video cur ab inolita apud Byzantinos opinione discedam ; et donec contraria edocear, non litigarem de anno 49G, quem lerunt Horologia veneta, aut de anno 401, quem Slavi in tabulis Zwenfeldianis retinent. »AnaL, p. xxyii. — Cet argument de tradition nous frappe plus que tout autre, et nous voudrions le voir développer par l'éminent Auteur.

(1) Ce septième siècle a été célèbre jadis par Dom Pitra, bénédictin de Solesmes, comme un des plus glorieux de l'histoire de rÉglise. n a produit un nombre considérable de saints, et dans

peuvent prévaloir contre les textes, et nons ferons volontiers un pas de plus dans Tordre des temps. Sans doute Anastase II arrive bien tard, le huitième siècle n'a jamais été reg-ardé comme un âge d'or en littérature: il a cependant ses gloires qui en valent dViutres; S. Germain, S. Cosmas, S. Jean Damascène, les Studites ne sont pas des contemporains méprisables; Romanus fut peut-être leur aîné de vingt ou trente ans : grande aevi spathm. Survivant du septième siècle, il a pu assister dans sa jeunesse au triomphe dont nous parlions tout à l'heure et chanter ses propres souvenirs à l'avènement du siècle nouveau. Sans doute encore, Anastase II ne fait que passer sur ce trône de Bvzance couvert du sang de ses deux prédécesseurs ; mais ce règne si court, inaperçu dans Thistoire politique, n'est pas sans importance dans l'histoire religieuse. C'est une trêve de trois ou quatre ans entre les deux règnes désastreux de Philippique et de Léon risaurien. Après les luttes sanglantes du pape S. Martin (1) et du confesseurs. Maxime, il s'agissait

rorient comme dans TOccident. « Or le martyrologe est la statistique du ciel ; ses chifTrcs glorieux sont des lois sacrées; il y a quelque valeur dans un siècle dont la part est si belle aux célestes archives : même pour vous qui ne voyez dans nos saints que des âmes plus viriles, en nos miracles (lue des signes de plus grande force morale, le septième siècle sera un Age fort et magnanime entre tous ». Histoire de S . Lt^ger, 184G. Introd. p. xi.

(l) « Elle est donc inaugurée la royauté sociale du Pontificat ; elle porte déjà sa triple couronne de roi, de prêtre et de père. L'Orient et rOccidcnt se souviendront de ses magnanimes exemples : l'Orient y puisera dans sa précoce vieillesse un épanouissement inespéré de virilité (lui enfantera de nombreux martyrs dans la persécution des Iconoclastes ». Ibid. p. xxxix.

pour l'Eglise de se préparer à une autre persécution plus terrible encore. L'hymnographie devait concourir pour sa large part à cet aguerrissement des âmes : n'est-ce pas surtout la prière publique qui nourrit les grands courages, et S. Romanus n'aurait-il pas été bien placé par la Providence avant cette nouvelle génération de martyrs ?

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