‹ Poètes et poésiesChapitre 2 sur 45 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

La mort a tout interrompu, tout brisé. C'est au moment où le choix du Collège de France venait de lui donner la dernière et la plus douce joie qu'il ait eue dans sa vie de professeur', que mon père a été enlevé à sa famille, à ses amis, à ses travaux. Ces études sur le XIXe Siècle, quil était heureux de pouvoir enfin poursuivre à son gré, demeureront à jamais inachevées : mais doivent-elles rester inconnues? Faut-il que tant de travail n'ait pour récompense et pour résultat que des succès obtenus en chaire? Succès flatteurs, il est vrai, mais auxquels mon père n'a jamais borné son ambition. Faut-il que tant de leçons si préparées ne laissent que des souvenirs destinés eux-mêmes à s'effacer, si des notes imprimées ne les fixent aujourd'hui? Les amis de mon père ne Vont pas pensé; lui-même ne Va pas voulu. Il s'était senti utile en faisant comprendre et aimer les libres écrivains qui par leurs œuvres ont travaillé à inaugurer une société nouvelle; aussi réclama-t-il la publication posthume de ses études sur le Romantisme, ses précurseurs, ses représentants, ses disciples. « Je laisse, écrivaitil dans son testament, des notes asse^ détaillées, qui étaient destinées à devenir une histoire de la littérature française au XIXe siècle. Mon fils en pourra tirer deux volumes, que mes livres précédents recommanderont auprès du public. »

C'est en 187S quêtaient tracées ces lignes. Depuis cette époque, les notes se sont encore complétées, multipliées, et tous les matériaux réunis et coordonnés formeraient aujour-

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