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PREFACE VII

d'hui plus de deux volumes. Ainsi, c'est pendant ces deux dernières années qu'a été préparé en entier, et rédigé en partie, l'ouvrage sur les Origines du Romantisme, suite naturelle des études sur le XVIIIe siècle, et quatrième volume d'une série qui ne sera jamais close. Il sera prochainement publié, tel que mon père l'a laissé en mourant. Puis viendront diverses études sur les historiens, les philosophes, les romanciers, les critiques du XIXe siècle, et sur le théâtremoderne depuis Diderot jusqu'à Ponsard.

Quant au volume qu'on va lire, il a un caractère tout particulier. Dans son discours d'ouverture au Collège de France, mon père regrettait de ne pouvoir se présenter devant ses auditeurs comme le fit autrefois M. Andrieux, qui tenait par la main un des poètes les plus aimés £ alors. Cet introducteur , mon père Va trouvé aujourd'hui pour le premier de ses ouvrages posthumes. Un poète d'élite, dont il aimait la personne et les vers, est devenu notre confident et notre conseiller; c'est lui qui veut bien présenter au public les dernières pages de ce livre et expliquer en deux mots la raison d'être des premières. J'avais à faire un choix de morceaux détachés : on comprendra pourquoi ce sont de préférence des études sur plusieurs poètes *, que j'ai réunies

i. C'est à dessein que f ai recueilli et placé au commencement l'essai sur les Poètes et la Religion en Grèce, à la fin les considérations sur l'état a:iuel et l'avenir de la littérature. Vune de ces études est la première leçon faite par mon père : c'est son début dans V enseignement suyèritur ; l'autre est un ues derniers articles qu'Hait écrits.

vnr PREFACE

dans ce volume, que nous avons cru pouvoir intituler : Poètes et poésies.

C'est d'ailleurs la seule addition faite par nous. On doit ce respect aux morts que Von pleure et aux écrivains qu'on estime, de ne rien ajouter, de ne rien retrancher aux papiers qu'ils nous laissent... Aussi n'ai-je pas craint de multiplier les lignes de points suspensifs. Elles sont là pour indiquer que la pensée de Fauteur est incomplètement exprimée, quelle devait avoir dans le livre tous les développements que lui avait donnés pendant la leçon une chaude improvisation. Ces développements absents, on les devinera, je pense, comme on reconnaîtra dans la forme le mouvement plus animé de V orateur en chaire. Car ici, plus encore que dans les autres livres de mon père, le professeur et V écrivain sont bien le môme homme.

Pour moi, je croirai avoir rempli la tâche que la mort in a léguée, si les auditeurs et les lecteurs de mon père peuvent dire en parcourant ces pages posthumes : C'est bien •là sa pensée et sa forme*

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