AVIS AU LECTEUR 2 I
éclater de son vivant à tous les yeux, car un professeur a charge d'âmes, et la même liberté de langage, qui n'est que hardie chez un autre, deviendrait aisément chez lui téméraire. Nous le trouvons donc dans ses poésies tel qu'il est, et cette découverte de l'homme sous le fonctionnaire nous a tellement attaché que nous les avons classées de manière à la rendre plus sensible au lecteur, et que nous avons même admis certaines pièces, d'ailleurs un peu faibles, qui la complètent. Nous avons donc groupé les pièces d'après leurs affinités, pour que dans Paul Albert l'érudit, l'élégiaque, le philosophe, le satirique et le patriote, pussent en se distinguant plus nettement se faire apprécier davantage. Les divisions toutefois ne sont pas très rigoureuses, car un écrivain accuse à divers degrés tous les traits de son caractère dans l'expression de chacun d'eux.
Tout ce que nous nous sommes cru permis de publier du manuscrit a été fidèlement reproduit, et quand nous n'avons pas pu tout en reproduire, soit pour des raisons de convenances, soit parce que la rime trop insuffisante n'était évidemment que provisoire, nous avons indiqué par des points les suppressions jugées nécessaires.
Puissions-nous, par ces quelques soins, avoir mis le lecteur mieux à même de ressentir à son tour ce qui