‹ Poètes et poésiesChapitre 25 sur 45 · AVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AVIS AU LECTEUR

nous a si vivement touché dans ces vers, où les sentiments les plus élevés, les plus profonds et les plus tendres, affranchis de la pudeur un peu farouche qui les voile dans les écrits moins intimes, sont rendus par le poète avec la distinction de talent qui avait déjà depuis longtemps consacré la réputation du critique

et du penseur!

Sully Prudhomme.

POUR METTRE EN TÊTE D'UN VOLUME DE VERS QUI NE PARAITRA PEUT-ÊTRE JAMAIS

Lecteur, très humblement je te demande grâce. Peut-être connais-tu mon nom et mon métier Et d'ici je t'entends et je vois ta grimace : 1 faut à son état se donner tout entier.

Vs-tu vu quelquefois, quand le soleil fait rage, kir le bord de la route un cantonnier dormant? 1 tient encor sa pioche et rêve à son ouvrage : U-tu dit : Pauvre diable? As-tu dit : Fainéant?

)uand rentrent les grands chars où la moisson s'en- \)ut le long du chemin glisse de place en place [tasse, >uelqu'épi mal lié qu'emporte l'indigent.

la moisson, Dieu seul sait ce qu'il adviendra d'elle; e que j'ai pris pour moi, mercenaire infidèle, 'a fait tort à personne, et ma main te le rend.

ECRIT SUR UN MANUEL D'ÉPICTÈTE A Mme L. C.

Je la suivrai, cette âpre voie !

Les chagrins que le sort m'envoie Passeront sans courber mon front; Toute blessure est salutaire :

Le soc, en déchirant la terre, Y fait germer Tépi fécond.

Adieu, vains désirs, vaines craintes!

Je dégage de vos étreintes Mon cœur jaloux de liberté.

Adieu surtout, folle espérance, Toi, la mère de la souffrance, Doux tyran de la volonté!

Je suis tien, mon vieil Epictète !

A t'imiter mon âme est prête, Mais dans un coin mystérieux J'y trouve encor, maître, pardonne, La pitié, cette sainte aumône, Qui jaillit du cœur par les yeux.

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