‹ Poètes et poésiesChapitre 6 sur 45 · Pindare, Néméennes, IV · texte numérisé non relu

Pindare, Néméennes, IV

du joug des passions humaines, qui rabaissaient sa majesté. Pindare s'écrie : Que l'homme n'attribue aux dieux que de nobles actions i ! — Dans Homère déjà, Zeùç est le dieu de la justice (ôeuiVrioç), le gardien du foyer domestique (eVrioç), des clôtures, le protecteur du pauvre, de l'exilé, du malheureux qui implore l'hospitalité (1-svioç). L'âge suivant ajoute de nouveaux traits à la figure divine. L'arbitre suprême du monde en est aussi l'ordonnateur; il est en outre le plus haut interprète et la sanction de la justice : cette divinité siège devant son trône avec la pudeur (Aîow;) 2. Ce juge infaillible lit au fond du cœur des hommes. Homère l'avait représenté puisant au hasard dans deux tonneaux le bien et le mal qu'il répand sur le monde. Les poètes gnomiques, Pindare, Eschyle, saluent en lui l'équitable dispensateur des biens matériels, des dons de l'esprit et même de la vertu 3. Enfin il manquerait à cette figure divine le trait qui la complète, si Zsu; n'était en même temps le Dieu bon. — Pausanias nous apprend, en effet, qu'il était adoré sous ce nom à Mégalopolis, en Arcadie *.

Et ne croyons pas que ces nobles idées de la divinité fussent le privilège exclusif de quelques esprits

i. Pindare, Olympiques, I, 35.

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