Aristophane, les Grenouilles, io
ET LA RELIGION EN GRECE s\.3
tiquité. Aucun peuple n'a donné à ce roman de l'autre vie des couleurs plus éclatantes que le peuple grec. Combien les philosophes se sont moqués de ces fables imaginées par les poètes : Cerbère, Caron, les Furies, les juges, les fleuves de feu et de gémissements, les supplices du Tartare! Mais écoutons Platon , écoutons un philosophe rendant hommage au caractère moral et à l'efficacité pratique de ces fables : « Tu sauras que , lorsqu'un homme se croit aux approches de la mort, certaines choses sur lesquelles il était tranquille jusque-là éveillent alors dans son esprit des soucis et des alarmes. Ce qu'on raconte des enfers et des tourments qui y sont réservés à l'injustice porte maintenant le trouble dans son âme : il craint que tout cela ne soit véritable. Affaibli par l'âge ou plus près de ces lieux formidables, il semble les mieux apercevoir. Il est donc plein de défiance et de frayeur. Il se demande compte de sa conduite passée, il recherche le mal qu'il a pu faire. Celui qui, en examinant sa vie, la trouve pleine d'injustices, se réveille pendant la nuit, agité de terreurs subites, comme les enfants. Il tremble, il vit dans une affreuse angoisse *. » — Toutes ces fables, en effet, n'ont pas d'autre fondement que ces vagues perspectives d'un