‹ Poètes grecs contemporainsChapitre 13 sur 27 · LA RENCONTRE · texte numérisé non relu

LA RENCONTRE

C'^st Iç mois d'avril ; partout volent Içs hiron-

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lyô POÈTES GRECS CONTEMPORAINS

délies ; — arbres, prés et collines sont pleins de parfums, — les rossignols chantent leurs doux chants^ la perdrix appelle son époux, — et le coucou jette son cri.

La terre sourit ; — sur les roses qu'elle fait éclore, le ciel répand en perles sa rosée. — Cependant, par-ci par-là, on voit des lis flétris, — soit qu'un chevreuil les ait foulés — ou le pied sans pitié d'un voyageur.

Telle qu'un lis flétri et penché vers le sol, — cette belle jeune fille est portée dans son cercueil — On dirait qu'elle parle encore ; — mais ses paroles on ne les entend plus ici-bas ; — ce sont les anges qui l'écoutent.

Elle dort comme les eaux d'un lac, — que les vents ne tourmentent point ; — mais ses lèvres par un sourire triste sont encore effleurées, — comme si elles disaient : Je suis lasse, ô monde trompeur et cruel !

Elle n*a pas voulu survivre à la trahison de Nassios. — Désabusée, elle s'en va ■— là où toute créature de la terre doit être absorbée par la terre.

Sa vieille mère de larmes brûlantes — inonde la morte. — Elle se lamente, l'infortunée, et prononce des paroles amères; — elle pleure, elle gémit; elle n'a plus d'autre enfant.

Quatre jeunes gens portent sur leurs épaules le cercueil — et la morte couverte de fleurs. — Sur leur chemin ils rencontrent ^ une troupe joyeuse.

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^ Les instruments cessent leur bruit, les chants se taisent.

Hélas ! lorsque la vie se rencontre avec la mort,

— c'est à la mort qu'on fait place. — La joie cède le pas à la douleur, — tant la joie est faible.

Nassios, qui conduisait le chœur joyeux, reconnaît la morte, — et, pâle comme elle, les mains levées au ciel : — Ma bien -aimée, s'écrie-t-il, — ma bienaîmée, si tu vas à l'église, je vais avec toi.

Rapide comme l'éclair sa main s'abat à sa ceinture — et se lève violente. — Le poignard s'enfonça dans son cœur, — Le mort accompagna la morte,

— s'unissant à celle qui l'avait aimé.

Ajoutons cette douce plainte d'une mélancolie si pénétrante :

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