‹ Poètes grecs contemporainsChapitre 14 sur 27 · A L'AME DE SON ENFANT · texte numérisé non relu

A L'AME DE SON ENFANT

Maintenant que les fraises des bois parfument la bruyère, — que l'amandier ouvre ses fleurs, — que les oiseaux par couples — s'égayent deux à deux,

Maintenant que la terre s'est ornée de son habit de jeune épouse, — et que la mer dorée scintille,

— ah ! où vas-tu, toi, dans ton voyage lointain ? Arrête- toi, âme chérie, exhale une prière -— et ne

laisse pas dans la noire terre, — n'y laisse pas ton corps charmant — et tes cheveux blonds.

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Ame, tu me laisses seule, ô âme désirée! —Vois comme je pleure, comme je souffre ! — O anges qui vers le ciel — la conduisez toute plaintive.

Rabattez, ô anges, vos ailes pour qu'elle s'arrête, elle aussi, — et que vers les fleurs épanouies, — vers les enfants joyeux , — elle tourne ses regards.

Non, qu'elle ne regarde pas la joie sur la terre, ni les fleurs couvertes de rosée;— qu'elle y entende seulement — mes tristes chants de mort.

En poésie, tout n'appartient pas à la pensée, et il y a une grande partie du charme de l'expression, de Tart d'associer les mots, de l'harmonie des consonances, de la délicatesse de la forme, qui disparaît dans toute traduction.

Zalocostas, tout en employant la langue des puristes dans ses poèmes destinés aux concours, se servait de Tidiome populaire dans ses autres poésies. C'est dans ce dernier langage qu'il a surtout épanché son cœur. Et il n*a pas été le seul à faire ainsi. Plus d'un des poètes puristes a souv^m

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oublié les restrictions des théories linguistiques pour exprimer les sentiments intimes de Tâme. C'est dans la langue populaire que Zalocostas a exhalé sa douleur de père, avec une émotion touchante, dans la poésie qui précède et dans celle-ci :

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