A LA LUNE
O joie de mes premières années, Lune bienaimée, — tu ne souffres pas, toi, c'est moi qui souffre. — Pourquoi là-haut, dans les cieux,— te penches-tu si triste ?
Toi qui répandais autrefois une couche d'or sur la terre, — des enchantements sur les flots,— pourquoi me jettes-tu maintenant ces rayons attristés,— comme si tu voulais éclairer un mort — endormi dans sa tombe ?
O Lune, si des anges habitent ton royaume, — mon ange s'y trouve-t-il ? — Serait-ce un baiser de ses lèvres — que m'apportent tes rayons ?
Lune bien-aimée, prends ce soupir et dis-lui — — que je n'ai plus d'autre douleur à redouter. — Toute joie, tout désir — sont ensevelis dans la terre où il repose.
vGoOQle
i8o POETES GRECS CONTEMPORAINS
Et s'il te demande — quand ma douleur doit finir, — dis-lui : Lorsque tes pâles rayons — reposeront sur ma tombe.
Le poète avait été très éprouvé dans ses sentiments de père, et c'est le cœur brisé qu'il mourut en 1857. Son nom est toujours aimé en Grèce.
Sa popularité, incontestable, n'a pu que s'accroître. Ce sont surtout ses poésies écrites en langue courante qui sont le plus goûtées en Grèce. Je les ai entendu chanter par une belle Grecque, avec leurs airs d'une monotonie étrange et harmonieuse, comme le bruit cadencé des vagues frappant sur les rochers d'Ionie.
Voici Tune des poésies favorites de Zalocostas que l'on chante dans la Grèce entière :