LE BAISER
J'ai aimé une petite bergère, — une charmante
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ÉCOLE D'ATHÈNES i8i
fillette. —Je l'ai beaucoup aimée.— Je n'étais alors qu'un oiseau sans ramage, — un garçon de dix ans.
Un jour que nous étions assis sur l'herbe fleurie :
— Maro, écoute, lui dis-je, — écoute un mot : Je t'aime, — je suis fou de toi.
Elle me prit dans ses bras, — me donna un baiser sur la bouche, — et me dit : Pour les soupirs,
— pour les peines d'amour, — tu es encore trop petit.
J'ai grandi et je soupire encore pour elle, — mais elle soupire pour un autre; — elle ne se souvient plus, — mais moi, je n'oublie jamais — son baiser.
Dans la pièce suivante, le poète raconte avec une résignation philosophique pleine de rondeur une rencontre avec des brigands :