AU SOLEIL
Le soleil, du sein de la mer, — humide encore se lève, — et dans Thorizon lointain — apparaît, tel qu'un nuage de roses.
O soleil, que de cœurs •— brisés, désespérés tu éclaires ! — Que peut faire un rayon de ta lumière, — dans le vide où tu t'avances i
Si les ténèbres s*efFacent devant toi, — le cœur n'en reste pas moins sombre. — Dans le fond de l'océan, — tes rayons ne peuvent point pénétrer...
Tu souris, toi ; tu ne pleures pas. — Aux regards ou voilés de larmes, ou joyeux, — tu verses également ta lumière, — éclairant et la vie et la mort.
Qja'est-ce que ton rayon épie — sur le sol des Thermopyles ? — Est-ce Léonidas que tu y cherches, — et ses valeureux compagnons ?
Hélas ! Pjnexorable Temps a recouvert — jusqu'au
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défilé lui-même! — Seul, le silence de la solitude— y accueille ta clarté.
Et la Renommée solitaire, — y chantant leur gloire, — y erre de son pied léger, — ne trouvant pour tout refuge — que des tombes et des ruines.
Le Temps détruit tout. — Les générations passent l'une après Pautre. — Toi seul immuable — tu planes au-dessus de la poussière universelle.
Et, cependant, où aboutit — ta longue course? — Il n'en reste pas de trace en arrière. — Les ténèbres chassent devant elles la lumière.
Es-tu heureux de ton existence si longue, ô soleil ! -^ As-tu rencontré le bonheur — dans ta marche éternelle, — à côté de notre marche d'un jour ?...
Avance toujours dans ton orbite. — En avant ! L'occident t'attend. — Nous suivons le même chemin tous. — Nous marchons ainsi vers notre occident, vers la tombe.
Mais ton coucher a son lever, — ce n'est point la mort. — Qui sait si, comme Pastre du matin, — nous n'aurons pas aussi une nouvelle aurore ?
Dans la pièce suivante, il n'y a pas même ce dernier rayon d'espérance, apportant la consolation d'une aurore future.
Tout y est tristesse :
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