L'EMPOISONNÉE
Mes chants, tu me les chantais tous; •• celui-ci tu ne le chanteras point ; -^ celui-ci tu ne rêntendfas ^. — Car \u i^epotes soât la ilaUt du t^mbMU. ^
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i6 POÈTES GRECS CONTEMPOPAINS
Hélas ! je me souviens, tu étais assise — à côté de moi, la figure pâle. — « Qu*as-tu ? » te dis -je, et toi tu répondis: — « Je mourrai, — je prendrai du poison!»
Tu Tas pris de ta main trop cruelle, — à belle fille ! et ce corps — qui devait porter la robe de noces « porte maintenant le froid linceul.
L'ornement de ton corps dans la tombe, -«c'est ta chaste virginité. — En vain le monde t'accusait — avec des paroles cruelles.
Taisez'vous, taisez - vous. Rappelez-vous que vous avez — une femme, une fille, une sœur. — Taisez-vous, la malheureuse dort dans sa tombe, — mais elle y dort chaste et pure...
Citons une autre petite pièce touchante et naïve, qui, comme la précédente, porte l'esprit vers V Anthologie grecque. Le poète annonce à un fils absent la mort de son père.
Pour en comprendre tout le charme, il faut savoir que le i®' mai, en Grèce, est encore fêté comme au temps du paganisme. C^est la fête du printemps. On se lève de bonne heure, on va aux champs; quelquefois on part dès la veille, si la nuit est
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belle. Les jeunes gens cueillent des fleurs, les tressent en guirlandes, puis les suspendent au-dessus des portes, otx elles restent jusqu'à ce qu'elles s^effeuillent ou se fanent. De là le contraste entre les fleurs de mai et le mort étendu dans son cercueil :
De ton père, lorsque tu reviendras, — tu ne verras que la tombe. — Je suis devant lui etjefécris— le premier jour de mai.
Nous répandrons les fleurs de mai -^ sur sa poi-^ trine froide, — car cette nuit il s'est endormi — du dernier sommeil.
lï fut tranquille et paisible — jusqu'au dernier moment, — tel que le voici maintenant — que son âme Ta quitté.
Un instant seulement avant de s'envoler, — vers le ciel — il leva lentement la main,— peut-être pour te bénir.
En France, dans nos campagnes du Nord, on fête aussi le i®' mai. Les jeunes gens vont la nuit couper les bouleaux blancs, symbole de virginité; ils les enguirlandfint. et les attachent avec des chaî-
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1^ POÈTES OREG» GOKTBMFORAINS
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Là mélancolie dôuèe est une riôte favorite de Solomos. Mais ce qui le rapproche dos auteurs de la meilleure époque de Tancienne littérature grecque, c^est qu'il ne s^égare jamais dans la sentimentalité tague de no^e poésie occidentale.
Voici un autre ozemplo* Cost une idylk, tout à fait greeque par rinâplratlôii